Critique

The Chinese Lives Of Uli Sigg

 
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Dans son documentaire The Chinese Lives of Uli Sigg, Michael Schindhelm se livre à une étude complète et exhaustive de la vie captivante et extraordinaire de l'entrepreneur, diplomate et collectionneur d’art Uli Sigg. Le cinéma suisse a fait sa réputation sur l’excellence de ses documentaires et le film de Michael Schindhelm vient confirmer cette renommée bien légitime. Ce documentaire est consacré à Uli Sigg, collectionneur d’art suisse et à son retour de Chine où l'homme d'affaires devenu diplomate d'abord a oeuvré depuis 1979. «La Chine était comme la Corée du Nord il y a dix ans» commente Schindhelm, décrivant le moment où le Parti communiste a commencé à lever le rideau de fer, permettant aux entreprises occidentales d’y faire des affaires. La première moitié de la vie chinoise d’Uli Sigg s’est déroulée dans la Chine des années 1980, qui a disparu en grande partie depuis que le pays s’est modernisé à la vitesse accélérée.

Une usine désaffectée à Beijing fournit un emplacement particulier pour le début du film et crée une atmosphère qui entraîne Uli Sigg dans un voyage dans le passé précisément dans son passé en Chine. Schindhelm a rencontré quelques difficultés dans la Chine contemporaine pour dénicher une usine qui corresponde à l’époque à laquelle Uli Sigg a entamé cette période  de sa vie dans les années 1980. Le film alterne les séquences en Chine avec des interviews d’interlocuteurs qui ont côtoyé Uli Sig ainsi que des vues d’une imposante demeure. On découvre alors qu’Uli Sigg est devenu le fier propriétaire d'un château suisse rempli d'art contemporain chinois. Il possède même un lac.

Le film analyse l’étonnant parcours de Sigg qui a été envoyé en Orient pour aider à mettre en place l’entreprise Schindler, pionnière  des ascenseurs en Chine. Dans le film, Sigg se rappelle les jours de négociations ardues dans les salles enfumées, suivis par des nuits dans les bars karaoké avec ses collègues chinois. Les chambres austères d'un vaste aciérie à Beijing étaient le genre d'hôtels où Sigg résidait les premiers jours; il se remémore comment un rat a dévoré une barre de chocolat suisse qu'il avait laissé traîner sur sa table de chevet. «Il était le meilleur hôtel de Canton» plaisante le collectionneur.

Sigg est la personnification de las réussite dans les affaires et l'art. Alors que les ascenseurs et escaliers mécaniques de Schindler ont été sollicités dans les bâtiments de la Chine moderne, Sigg s’est intéressé au mouvement artistique souterrain du pays et les jeunes artistes qui cherchaient à être exposés à l'Ouest. Quand il est retourné en Chine comme ambassadeur de Suisse en 1995, accompagné de son épouse, Rita (qui parle couramment le mandarin), ils se mirent à collectionner l'art contemporain chinois avec asiduité. «Etre un ambassadeur lui a donné l'immunité diplomatique de rencontrer des artistes» souligne Schindhelm, ajoutant qu’Uli et Rita Sigg constituent une grande équipe de recherche. Plusieurs artistes reconnaissants apparaissent dans le film, faisant l'éloge de la vision avant-gardiste de Sigg que la plupart considèrent comme un mécène, y compris Ai Weiwei et Wang Guangyi. Ai appelle Sigg "le fabricant". Le collecteur a eu l'endurance de chercher inlassablement, de dénicher des talents, et sa largesse  d'esprit l’a amené à visiter les artistes dans leurs studios, arrivant à environ 22:00 après ses longues journées de travail au sein de l'ambassade de Suisse, suivies d'un banquet ou d'une autre obligation sociale.

Le film de Schindhelm  révèle un parcours dense, riche en anecdotes et abondamment commenté par des amis, connaissances et artistes qui connaissent Uli Sigg faisant la part belle à ce collectionneur prolifique hors pair et au pionnier d'un art chinois dorénavant primé, et qui a ouvert de nombreux studios d’artistes. Sigg a joué le rôle d’itermédiaire, présentant des artistes de la Chine aux conservateurs étrangers, tels que Harald Szeemann, Chris Dercon et Hans Ulrich Obrist. «Il était un amateur qui a présenté à tous ces conservateurs de l'Ouest l'art contemporain chinois», dit Schindhelm.

Les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron, qui ont conçu le Musée de Hong Kong qu abrite la collection Sigg, sont heureux que Sigg ait été un pionnier éclairé en Chine; Ils se rappellent comment Sigg les a présentés à Ai Weiwei, ce qui a conduit à leur collaboration pour le stade olympique de Pékin, connu sous le nom de Nid d'oiseau, une autre saga helvético-chinoise que Schindhelm retrace dans son film très documenté et très instructif.

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