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Hardcore Henry

 
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Filmé presque entièrement avec une caméra subjective qui transcrit la  perspective du héros (le Henry du titre), un cyber-robot amnésique qui combat un groupe de mercenaires qui ont kidnappé sa femme Estelle (Haley Bennett). Hardcore Henry est présenté comme un long métrage sensationnel et novateur dans les médias anglophones.

L’innovation réside peut-être dans le maniement subjectif de la caméra qui met constamment en avant le point de vue du protagoniste, mais ce procédé, qui s’apparente aux jeux vidéos, devient très rapidement épuisant tant pour les pupilles que pour les tympans. Malheureusement, ces diverses utilisations inventives de la caméra ne suffisent pas à captiver face à cette avalanche de violence agrémentée de couteaux, de grenades et de fusils.

Ce film qui peut être décrit comme un croisement hybride entre le jeux vidéo Call of Duty et des films d'action semi-satiriques mais hyper-violents comme RoboCop et Crank. Le long métrage évolue en fonction de ses capacités à désorienter, à choquer, et généralement à porter atteinte à votre sentiment de stabilité. Donc: peu après qu'il est réveillé et rapidement informé par Estelle, Henry est évacué d'un laboratoire et aéroporté par le mal incarné, Akan (Danila Kozlovsky), un homme d’affaires albinos, chef de la mafia moscovite ultra-puissante. Cyborg avec le bras droit et la jambe gauche robotiques, Henry se déplace à travers de Moscou avec l'aide de Jimmy (Sharlto Copley vu dans District 9 et Chappie), un mystérieux bienfaiteur qui apparaît à travers le couvert de divers clones de lui-même. La mission d’Henry est toujours simple: traquer les alliés en utilisant un téléphone cellulaire avec un GPS. La chorégraphie intempestive enchaîne actions sur actions, ne laissant aucun répit aux spectateurs. Le scénario, très ampoulé, se contente d’aligner les scènes d'action sans aucune réflexion, Lamusique du film aligne des compositions musicales médiocres et sporadiques, accompagnées par une bande-son bruyante.

Après une heure et demi de maltraitance de nos sens, nous nous demandons si nous avons vraiment besoin de faire l'expérience de ses aventures cinétiques imbibées de sang et mâtinées d’une perspective aliénante à la première personne de très mauvais goût. Plusieurs jours après avoir découvert ce spectacle consternant, la sous-signée n’a pas encore trouvé la réponse. Certain de ses collègues ont fui après une demi-heure, les autres ont réussi la prouesse de dormir malgré les décibels assourdissants. A son grand damne, elle n’y est pas parvenue!

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