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10 Cloverfield Lane

 
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En 2008, Cloverfield fut un événement, en tant que film de genre, produit par un cinéaste majeur (J.J. Abrams) et distribué par un studio de la taille de Paramount, dont on savait plus ou moins rien jusqu'à quelques mois avant la sortie. En l'occurrence, même l'existence du film était un secret, un choix qui s'inscrit dans la logique abramsienne de vouloir donner au public une expérience au cinéma qui ne soit pas affectée par un marketing trop révélateur. Huit ans plus tard, le phénomène s'est reproduit, l'annonce officielle de l'existence de 10 Cloverfield Lane ayant eu lieu il y a quelques mois seulement.

Qu'en est-il de ce film? Y a-t-il une relation, au-delà du titre, entre ce film du débutant Dan Trachtenberg et le monster movie réalisé par Matt Reeves? Sans nous aventurer trop dans les détails, on peut dire que les deux films sont situés dans le même univers, mais 10 Cloverfield Lane n'est pas une suite au sens propre du terme. En fait, on peut le regarder et apprécier sans aucune connaissance préalable. Ici, le monstre n'est pas une créature extraterrestre, mais plutôt un homme (John Goodman) qui raconte à ses deux hôtes/prisonniers (Mary Elizabeth Winstead et John Gallagher Jr.) que le monde que l'on connaissait n'est plus. Seul son bunker reste en tant qu'endroit où la vie peut continuer comme avant. Mais peut-on lui faire confiance?

En renonçant quasi totalement aux effets spéciaux, Trachtenberg - aidé au niveau du scénario par Damien Chazelle, l'auteur de Whiplash - se concentre sur les relations humaines et la tension liée à la paranoia et au manque de confiance. Il signe ainsi un thriller psychologique où chaque gros plan est bourré de suspens, notamment quand on doit lire le visage, gentil mais tendu, de Goodman, un acteur formidable qui arrive à rendre inquiétant ce sourire adorable qu'on connait depuis des décénnies. Il est au centre d'un huis clos qui ne plaira pas peut-être à ceux qui souhaitaient voir quelque chose de "plus Cloverfield", mais qui reste une aventure cinématographique fascinante, capable de donner de l'espace pour respirer au milieu de productions de genre beaucoup plus bruyantes. 

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