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Le Syndrome de Petrouchka

 
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La cinéaste Elena Hazanov retourne sur ses terres d’origine pour son dernier film, Le syndrome de Petrouchka. Petrouchka? La poupée, la marionnette voilà le fil conducteur de ce film qui décortique l’histoire dévorante d’une passion destructrice. Depuis sa plus tendre enfance, Peter est obnubilé par l’univers des marionnettes, mais voue sa grande passion pour une jeune fille, Lisa (Chulpan Khamatova). Quand cette dernière pose ses yeux sur Peter (Evgeny Mironov) , celui-ci décide d’en faire  sa muse en la transformant en femme parfaite mais Lisa est une femme réelle, en chair et en os. Inexorablement elle semble lui échapper malgré  les multiples stratégies qu’il met en place et ses velléités à la posséder. Soudain, leur amour est entaché par la mort de leur bébé, né avec une maladie génétique grave. Tandis que Lisa sombre dans les affres de la souffrance, Peter crée une nouvelle femme idéale, une poupée sophistiquée et complaisante, Alice, double troublant et inquiétant de Lisa. Femme ou marionnette, le syndrome de Petrouchka s’empare de Peter qui ne parvient pas à choisir. Avant la naissance de leur premier enfant, Lisa et Peter se donnaient en spectacle. Le couple produisait des ballets qui attiraient les foules. Durant sa pause maternité et son séjour psychiatrique, Lisa s’est faite remplacée par Alice

Elena azanov a choisi d’adapter Le syndrome de Petrouchka, oeuvre de Dina Rubina, qui explore l'histoire d'une passion entre un créateur et sa création. Elena Hazanov connaissait bien l’oeuvre de cette femme écrivain russe qui vit en Israël et a eu l’occasion de la rencontrer alors que Le syndrome de Petrouchka allait être publié (2010)Le film transpose fidèlement les questions abordés par le livre: la relation entre le créateur et sa création/créature, la compatibilité entre la vie et l’art qui se confondent dans une même passion, la volonté de façonner l’autre à son image, à l’instar de ce marionnettiste qui veut faire de celle qu’il aime une marionnette. Au fil des années, il façonne son amoureuse pour qu’elle réponde à ses attentes. Des révélations sur une tragique malédiction familiale viennent creuser le fossé qui les sépare progressivement. Elena Hazanov a opté pour un univers mystérieux, atemporel, mystique où ses protagonistes se muent peu peu en marionnettes. Des centaines de pages du roman, Elena Hazanov a du élaguer pour en fair un film d’une heure quarante. Le couple d’acteurs formés par Evgeny Mironov et Chulpan Khamatova tous deux habitués, comme tous les comédiens russes, à jouer au théâtre, distillent une complicité tangible. 

Pourtant malgré tous les ingrédients réunis, la soupe ne prend pas. Un sentiment d’artificiel plane sur l’histoire de cette passion dévastatrice qui ne convainc pas. On sort de la projection en se demandant à quoi rime une telle entreprise.

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