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Je vous souhaite d'être follement aimée

 
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Le deuxième long métrage d’Ounie Lecomte, Je vous souhaite d'être follement aimée, se penche sur la thématique des accouchements sous X, à travers la quête d’Elisa, kinésithérapeute, qui part s’installer avec son jeune fils, Noé, à Dunkerque, ville où elle est née de cette manière, il y a une trentaine d’années. Quelques mois plus tôt, elle a entrepris des recherches sur sa mère biologique, mais cette femme, Annette, a refusé de dévoiler son identité. A la recherche d’une mère inconnue, de son passé et de leur histoire, Élisa poursuit inlassablement sa quête d’identité et veut comprendre son abandon. Pour interpréter cette enfant en souffrance cette mère dans le déni et le petit-fils, héritier d’une tragédie grecque, Ounie Lecomte a choisi des actrices à la ressemblance physique troublante, Céline Sallette, Anne Benoit, et le jeune Elyes Aguis.

Ounie Lecomte s’intéresse à la thématique de l’accouchement sous X et explore, de manière corollaire, la question de l’identité, en se demandant si on peut se construire malgré cette part manquante de son histoire et de ses origines. Dans le film, la question se pose aussi bien pour la fille que pour la mère, analysant les répercussions à divers degrés pour chacune d’entre elles. Dans la logique de l’enfantement, le tout premier corps à corps entre la mère et l’enfant se fait lors de l’accouchement, mais Elisa et Annette n’ont pas eu droit à ces instants privilégiés. Annette vit avec des émotions enfouies car interdites. Lors les séances de kiné, ces contacts qui lui ont manqué, réveillent en elle un passé occulté. Progressivement, au fil des coïncidences et des révélations, le corps d’Annette livre des noeuds alors qu’Elisa masse des zones qui se bloquent, se débloquent. A force de se rencontrer, les personnages d'Elisa et Annette établissent un lien dans un cabinet de kinésithérapie, un lien tactile, corporel. Ainsi, la caméra d’Ounie Lecomte met en valeur le toucher, la sensation, la perception de l’autre en filmant au plus près le corps de la patiente et les mains de la thérapeute.

Si le traitement des problématiques de transmission représente un sujet  central passionnant, la cinéaste développe parallèlement de nombreux sujets comme la séparation du couple parental, le manque de communication entre les époux, la révolte de l’enfant, le harcèlement scolaire, ou la stigmatisation des élèves différents, ce qui altère malheureusement à l’intrique et l'entrave. On aurait souhaitait qu’elle canalise son scénario sur la quête d’identité sans se perdre dans des méandres annexes. Par contre le thème de l’abandon n’est pas nouveau pour la cinéaste qui l’avait déjà traité dans son précédent film Une vie toute neuve , en 2009, ce qui n’a rien d’étonnant vu qu’Ounie Lecomte est née en Corée du Sud et a été adoptée en France à l‘âge de neuf ans.

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