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Deadpool

 
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CONTRE

C’est donc ça le nouveau phénomène dans le monde des super-héros made in USA, accompagné comme il se doit par un marketing assommant et mensonger? Depuis quand un mec dans un costume rouge, cherchant à faire sa propre justice contre les méchants qui s’en prennent à sa petite amie, est-il un anti-héros? Les deux bras cassés de Shaun of the Dead qui, par la force des choses, se voyaient contraints de se défendre contre une horde de zombies, oui, Deadpool, non.

Tout commence par un générique où les noms des comédiens et des techniciens sont remplacés par des vulgarités dignes des pires cours de récréation du style: «Avec une bombasse, réalisé par un connard surpayé, etc.» Et là commencent déjà à éclore dans la salle des rires tellement gras qu’ils feraient déraper les véhicules tout-terrain les plus fiables sur le marché. Avec le recul, une fois le supplice achevé, on se demande d’ailleurs si cette ouverture n’est pas la chose la plus faussement honnête de l’ensemble.

Le problème avec ce genre de produit formaté pour les fans qui connaissent la genèse du personnage par coeur, est qu’il met totalement de côté ceux qui viennent au cinéma dans l’espoir de découvrir quelque chose de nouveau, vierges de toute la pseudo sous-culture qui entoure le phénomène auto-proclamé. Et cela devient un sommet de prétention insupportable, renforcé par les nombreuses scènes dites du «quatrième mur» ou le héros s’adressent directement à son public: les fans se sentent concernés, pour ne pas dire flattés, les autres baillent d’ennui et de consternation. En qualité d’universalité, on passera son chemin.

Du coup, le novice qui pensait passer un bon moment avec un nouveau héros, annoncé comme atypique et rentre-dedans, a la désagréable impression d’assister à une cérémonie rituelle qu’il traverserait comme un cauchemar, se demandant à chaque rire, comparable à une éructation, provenant d’une partie de l’auditoire, quelle drogue il faut ingurgiter pour être réceptif à ce genre de spectacle qui se résume à un humour plus que douteux et un déluge de violence graphique.

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