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Fragments du Paradis

 
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Dans son nouveau documentaire, Fragments de paradis, le réalisateur vaudois Stéphane Goël interroge un panel de Suisses romands sur leur vision de l’au-delà.

Stéphane Goël a présenté son film au Festival de Locarno l’été dernier. Lors de la première, les spectateurs paraissaient touchés, sans doute par l’universalité d’un tel sujet qui concerne tout un chacun, qu’ils soient croyants,  pratiquants ou non, agnostiques ou athées.

Face à la recrudescence du religieux dans nos sociétés, le documentariste se questionne et souhaitait sonder ses compatriotes.

Le film suit un double cheminement. D’une part, le cinéaste et son père effectuent une randonnée en montagne, dans le vallon des Morteys au pied du Vanil Noir, le paradis du père de Stéphane Goël où il souhaite qu’on disperse ses cendres,  un lieu où il ressent une énergie très forte, un pâturage où il venait l’été avec ses vaches. D'autre part, le cinéaste part à la rencontre d’une multitude de personnes qu’il interroge sur leur vision du paradis.

Sa question «Comment voyez-vous le paradis?» scande les rencontres. Le réalisation quinquagénaire a rencontré quelques 120 personnes, surtout en EMS mais n’a conservé qu’une quarantaine de témoignages.

D’emblée, on est désarmé par la facilité et la sincérité avec lesquelles les personnes répondent, acceptant de dévoiler leurs croyances, de confier leurs espérances, d'affirmer avec véhémence leurs convictions ou d'avouer leurs doutes.

Ce qui émeut sans doute le plus est la quiétude, la sagesse, voire l’humour dont tous font preuve face au Grand Passage, à l’irrémédiable et à l'inéluctable vers un paradis espéré, le néant pour certains, le rapprochement vers Dieu pour d’autres, l’attente sereine et paisible pour tous.

Le cinéaste a pris le parti de ne questionner que des personnes d’un certain âge, voire d’un âge certain, peut-être parce que, en toute logique, plus proches de la mort. Mais ce choix peut déconcerter en ignorant l’opinion des plus jeunes sur le sujet. Là où Stéphane Goël et plus exhaustif, c’est face à la palette d’attitudes possibles face à la mort. Il rencontre ainsi des croyants, des personnes agnostiques ou athées. Chacun exprime ses convictions différemment selon son éducation, ses espérances, ses doutes, son vécu.

Ces récits de vie ne peuvent qu’émouvoir et toucher, par leur sincérité et par l’inévitable écho qu’il provoque en nous. On comprend bien sûr, qu’en allant questionner des personnes au crépuscule de leur existence, Fragments de paradis résonne comme une exploration entre le père et le fils, une quête plus personnelle, ponctuée d’ailleurs par des textes récitées par la fille du cinéaste, accompagnant des films familiaux de vacances. Ce choix est respectable mais n’apporte rien aux témoignages.

On retient de cette exploration touchante au sein l’humanité face à  sa représentation de la mort et de "l’après" une grande leçon d’humilité, empreinte à la fois d’espérance et de doute.

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