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Le Grand Partage

 
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Le dernier film d’Alexandra Leclère, Le Grand Partage, sort sur les écrans, en surfant sur un sujet d’actualité: les sans-abris, condamnés à la rue en plein hiver, face aux nantis des beaux quartiers… Bref, les injustices sociales particulièrement inadmissibles en matière de logement.

Dans ses précédents films, Maman, Les Soeurs fâchées et Le Prix à payer, Alexandra Leclère abordait des sujets comme les conflits familiaux et sentimentaux, le manque d'amour d'une mère entre deux soeurs et les problèmes dans un couple. Pour Le Grand Partage, véritable film choral, la réalisatrice a réuni une troupe de comédiens dont les principaux sont Karin Viard, Didier Bourdon, Valérie Bonneton et Michel Vuillermoz.

Le sujet de ce film taraudait la cinéaste depuis longtemps: en 2008, Alexandra Leclère a écrit un premier jet d'une dizaine de pages qu'elle a ensuite soumis à un producteur qui n'a pas été convaincu. La cinéaste a mis ce projet de côté pour réaliser son troisième long-métrage, Maman.

Malheureusement, malgré le temps écoulé, le synopsis ne convainc pas plus, accumulant les clichés en tout genre, jusqu’à saturation: les bobos (Valérie Bonneton) qui se donnent bonne conscience en roulant à vélo et mangeant bio, la bourgeoise (Karin Viard), subordonnée à sa famille, à son mari, absolument conditionnée au carcan de l’idée traditionnelle d’une femme honorable, dévouée aux siens dans un complet altruisme et sans aucune autonomie, l’écrivain reconnu (Michel Vuillermoz) qui peine à affronter son public, la concierge raciste et acariâtre (Josiane Balasko) qui raffole de délation.

Dans ce moment de fraternité et de partage, tout le monde il est gentil, tout le monde il est bon sauf un méchant voleur qui subtilise l’ordinateur et la montre de luxe de ses hôtes et qui est, évidemment, originaire des Balkans. La liste n’est pas exhaustive mais facilement imaginable. Rien ne nous est épargné. Certains comédiens, habituellement excellents, ne craignent pas le ridicule comme, par exemple, Karin Viard qui se livre à une prestation d’interprète en bambara et Michel Vuillermoz, auteur très à la mode, qui ose enfin se produire devant son public de sans-abris, euphorique dans une scène finale grotesque.

Le vieil adage le souligne si justement: «Qui trop embrasse, mal étreint.» Alexandra Leclère aurait dû se le remémorer.

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