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Le Goût des merveilles

 
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Le cinquième long métrage d’Eric Besnard (600 kilo d’or pur, 2009; Mes héros, 2011), Le Goût des merveilles, entraîne les spectateurs au cœur de la Drôme provençale, une régions verdoyante et ensoleillée où Louise élève seule ses deux enfants et tente de préserver l’exploitation familiale si chère à feu son mari. Un soir, en rentrant chez elle, elle manque d’écraser un inconnu au comportement singulier qui se jette littéralement sur le capot de sa voiture. Cet homme se révèle vite différent de la plupart des gens, à la fois attachant, sensible, attentionné, franc, poète. Sa capacité d’émerveillement devant les petites beautés du quotidien semble vite contagieuse et pourrait ramener le sourire à Louise qui se démène pour survivre.

Pour incarner cette mère courage, Eric Besnard a fait appel à Virginie Efira, qui donne la réplique à Benjamin Lavernhe alias Pierre. Ce dernier semble tombé de la lune, en décalage avec son entourage. Rapidement, on comprend qu’on à faire à un jeune homme atteint du syndrome d’Asperger, reconnaissable à ces attitudes particulières qui dénotent sur des interactions sociales, débouchant sur des malentendus ou des méprises. Pierre semble en proie à des tocs, répétant certains gestes, certains mots, comme pour se sécuriser. Ses intérêts peuvent paraître restreints à autrui mais ses capacités intellectuelles, en particulier de mémorisation sont exceptionnelles. Les comportements répétitifs de Pierre qui dénotent une maladresse physique, couronnée par une utilisation atypique du langage, sont incroyablement bien interprétés par Benjamin Lavernhe qui s’est bonnement documenté pour se préparer à ce rôle: l’acteur a regardé des documentaires sur ce sujet et lu de nombreux témoignages, d’où une interprétation irréprochable et crédible.

On peut s‘interroger sur les motivations du cinéaste à aborder un sujet si délicat et périlleux. Il se trouve que, pour des raisons familiales, l’autisme est un sujet qu’il connaissait un peu grace à sa femme psychologue, qui a travaillé avec des enfants autistes. Le réalisateur s'est documenté sur l'autisme et au fil de ses recherches, il s'est vite rendu compte qu'une personne atteinte du syndrome d'Asperger pourrait lui permettre de travailler sur différents thèmes.

Pour contrecarrer les difficultés matérielles de Louise et les difficultés relationnelles de Pierre, le cinéaste a judicieusement choisi une région aux tonalités lumineuses, plantant le décor de son film dans la Drôme, notamment dans les villes de Nyons, Montélimar et Piégon. La photographie, chatoyante et étincelante, met le paysages en valeur.

En novembre 2015, Le Goût des merveilles a été présenté au Festival du film de Sarlat. Prônant l’acceptation de la différence, c’est peut être la sortie en famille idéale pour le fêtes.

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