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Star Wars: Episode VII - Le Réveil de la Force

 
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S’attaquer à ce produit attendu comme le messie par une masse de gens bien conditionnée au marketing qui, désormais, plus que le talent, devient sournoisement gage de qualité, est-ce vraiment faire acte d’une critique de film à proprement parler? Non, surtout que les studios (qui sont eux-aussi dorénavant considérés par la même masse citée plus haut, plus important dans la réussite d’un film que leurs auteurs ou réalisateurs) responsables de la chose ne veulent pas que l’on parle des coups de théâtre qui émaillent le scénario (normal)  et des liens de parenté qui unissent les personnages (moins normal, et finalement, de quoi je me mêle?). Ce genre de dérives a la fâcheuse tendance de devenir la norme. Mais cela n’est pas étonnant puisque que nos sociétés occidentales, prostituées depuis bien longtemps au dieu pognon tendent à ne vouloir favoriser que des moutons bien obéissants qui font ce qu’on leur dit de faire sans rechigner. Vous ne saurez donc pas ici qui a couché avec qui et combien de fois entre Le Retour du Jedi et cet épisode VII.

Afin de ne pas se retrouver avec soit un texte dithyrambique, soit une déception, comme c’est souvent le cas chez les fanatiques qui sont trop souvent portés aux deux extrêmes sans prendre le temps de s’attarder sur le chemin qui relie ces limites, clap.ch a envoyé son rédacteur le moins travaillé par cette saga née en 1977.

Star Wars: le réveil de la force est avant tout le film d’un fana invétéré pour fanas invétérés, se basant principalement sur la nostalgie. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. Cela permet une bonne dose d’humour qui surgit lors des retrouvailles de nos compères vieillissants: Harrison Ford réalise une prestation délectable en redonnant vie à Han Solo qui personnifie la nonchalance absolue, à grand coup de rictus en biais comme lui seul en a le secret. Le tout est bien fait, et c’est la moindre des choses avec l’abrutissement marketing que l’on subit depuis de très longs mois, mais l’audace n’est malheureusement pas au rendez-vous. Même le grand John Williams fait mine de paresse en signant une musique passe partout reprenant simplement les thèmes les plus connus de la série. Tout est moyen, rien ne sort du cadre, mais cela passe sans faire de vague. Quand on ne fait pas partie de la secte, on a un peu l’impression d’assister à une projections de diapos d’un voyage entre amis auquel on n'aurait pas participé: c’est joli, mais cela lasse vite, vu que l’on n'y a pas été impliqué.

Bref, le film restera plus dans les annales comme un phénomène commercial et de société (et ceux-ci sont bien souvent inquiétants) que comme une oeuvre qui bouleverse la manière de voir le monde: ce qui devrait être, à titre personnel ou public le propre d’une oeuvre d’art. Là, c’est un banal produit de consommation qui n’a plus aucun effet après ingestion un peu comme la "street food": sympa et agréable sur le moment, mais pas mémorable pour ses valeurs intrinsèques.

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