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Notre petite soeur

 
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Hirokazu Kore-eda avait ému Steven Spielberg en 2013 avec son magnifique Tel père, tel fils (Prix du jury). Pour l’édition 2015 du Festival de Cannes, le cinéaste japonais est revenu sur la Croisette en compétition officielle avec Notre petite sœur, nouvelle chronique familiale kawaii (ndlr. Dans les mangas et animés, les personnages kawaii ont toujours de grands yeux et fréquemment un petit nez et une petite bouche. La couleur rose, des expressions du visage enfantines et une collection d'accessoires peuvent parfaire le personnage). Le cinéaste nippon raffole du thème de la famille, récurrent dans la filmographie.

Le film est adapté du roman graphique Umimachi Diary qui a immédiatement plu au réalisateur Hirokazu Kore-eda lorsqu'il a lu le premier tome en 2007. C'est en 2012 qu’il commence le travail d'adaptation en écrivant un scénario qui comprenait des scènes qui ne figuraient pas dans le roman. Il parvient à raconter une histoire de famille de plus de deux heures avec un minimum de conflit dramatique et pourtant une forte intensité narrative. Avec ce nouvel opus, Hirokazu Kore-eda, maître moderne du cinéma japonais, prouve une nouvelle fois son sens de l'observation avec sensibilité, tact, délicatesse et subtilité.

Notre petite soeur, distille une atmosphère primesautière emplie de joie et de plaisirs simples qui fleurent la friture fraîche, le riz et le vin de prune, selon la tradition familiale, depuis une décennie à traver cette histoire de sauvetage de la jeune Suzu (Suzu Hirose, un plaisir absolu à regarder) par ses trois demi-sœurs qu’elle n'a jamais rencontrées jusqu'à l'enterrement de leur père. Éloignés de leur père après son départ pour la mère de Suzu, ce trio - une infirmière appelée Sachi (Haruka Ayase), une employée de banque Yoshino (Masami Nagasawa) et Chika (Kaho), une employée maladroite qui travaille dans un magasin de sport - se rendent dans un coin provincial du Japon pour les funérailles et découvre une demi-soeur attachante et surtout maltraitée par la belle-mère éplorée. Quand les autres soeurs lui offrent de venir habiter chez elles, Suzu les suit dans leur maison familiale dans la petite ville de Kamakura, à une heure de Tokyo. Ce trio constitue un noyau de personnages qui gravitent autour de Suzu et  l’observent, constituant un quatuor de quatre soeurs qui ont chacune une tonalité et une sonorité.

Kore-eda sait parler de la famille, en analysant des rapports entre ces trois sœurs avec leur demi-soeur cadette au sein d’un havre de paix (la maison de leur grand-mère, lieu paisible  et gorgé de vie, à l’écart d’une petite ville côtière de province. Notre petite sœur l’amène à explorer de nouveau la filiation et le deuil: Suzu a vécu auprès d’un père défaillant et sans mère.

 Cette sororité marque les esprits, la photographie magnifique rappelle des estampes nippones, portée par ces quatre comédiennes, toutes excellentes dans leur registre, avec une mention particulière pour Haruka Ayase. Malheureusement, Kore-eda piétine un peu, en distillant avec insistance sur la mièvrerie qui règne entre les soeurs et peine à faire évoluer ses personnages.

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