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Lolo

 
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Après Looking for Jimmy, Two Days in Paris, La Comtesse, Le Skylab et 2 Days in New York, Lolo, le sixième long métrage de et avec Julie Delpy, est, à nouveau, une comédie, genre préféré de Delpy qui s’entoure de Dany Boon, Karin Viard et Vincent Lacoste pour une romance chaotique entre des quadragénaires qui se rencontrent à Biarritz et se retrouvent à Paris.

L'idée de ce film est née d’une plaisanterie entre la cinéaste et sa co-scénariste Eugénie Grandval sur les rapports que Julie Delpy aurait dans dix ans avec son fils de six ans. Cette boutade a débouché sur l’idée d’un couple insolite, composé d'un provincial et d'une femme travaillant dans le monde de la mode, couple mis en péril par les manigances d'un fils manipulateur.

Si le film part d’un ‟private joke”, il aurait peut-être dû rester à ce stade. Pour des raisons financières, Julie Delpy incarne la mère de Lolo, Violette, une femme de quarante-cinq ans, qui a réussi sa vie professionnelle mais qui a échoué dans sa vie sentimentale. Elle a tenu à dévoiler ses faiblesses et ses zones de fragilité, toujours soutenue par  sa meilleure amie (Karin Viard), une femme moderne et libérée, sûre d’elle et au langage cru (et ceci dès la première réplique). En effet, les personnages de Julie Delpy et Karin Viard ont un langage sans tabou lorsqu'elles parlent de sexe, une crudité langagière issue de l’éducation de Delpy, nourrie dès le plus jeune âge par Charlie Hebdo et Hara-Kiri ou Le Gros Dégueulasse de Reiser.

Dans une complète abnégation, Violette s’oublie à force de s’occuper de son fils. Même si les spectateurs comprennent aussitôt qu’il ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues, Violette tarde, malheureusement, à le comprendre. La thématique des enfants rois est au centre du film et permet à Vincent Lacoste de composer un personnage égocentrique, insupportable,  malsain, prétentieux, antipathique, une espèce de Tanguy tout simplement odieux, un peu inquiétant qui finit par sérieusement agacer.

La thématique d'un couple qui enchaîne les malentendus et en sort plus fort est répandue dans les films de Julie Delpy qui est convaincue que tout obstacle rend plus fort, une idée obsessionnelle dans sa filmographie.

Les spectateurs s’amuseront, pour briser l’ennui, à reconnaître le célèbre grand couturier Karl Lagerfeld, dans son propre rôle, dans une soirée happening et Frédéric Beigbeder donnant des cours de cuisine basque à la télévision. Cela ne suffit pas à apprécier les situations poussées à l’extrême, à grand renfort de quiproquos, de manière caricaturale. A part quelques observations assez judicieuses (les relations mères et adolescents), le film s’apparente à une pièce de boulevard quelque peu vulgaire qui s’oublie à peine vu, malgré les bonnes intentions de Julie Delpy qui nous avait habitués à mieux. Dommage!

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