Critique

Regression

 
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Cela faisait 14 ans que le cinéaste espagnol Alejandro Amenabar n'essayait plus de nous effrayer. Après The Others, sublime récit de fantômes avec Nicole Kidman, il s'est attaqué d'abord au sujet controversé de l'euthanasie, avec l'histoire de Ramon Sampedro (Mar adentro, 2004), et ensuite au film historique avec Agora (2009). Avec Regression, présenté au Festival de Zürich avant de sortir dans nos salles, il est de nouveau dans des territoires cinématographiques liés à la peur.

Minnesota, 1990 (le scénario s'inspire de faits réels). Le policier Bruce Kenner (Ethan Hawke) doit enquêter sur la possibilité de l'existence d'un culte sataniste dans la région, suite au témoignage de la jeune Angela Gray (Emma Watson), qui affirme avoir été violée par son père (David Dencik) dans le cadre d'un rituel horrifique. L'accusé n'a aucun souvenir de tels faits, et c'est à ce moment-là qu'on propose de retrouver sa mémoire à travers l'hypnose et la technique de la regréssion...

Amenabar maîtrise très bien son objet, et signe un portrait convaincant de l'Amérique rurale plongée dans une atmosphère malade et paranoïaque. Les comédiens sont tous à la hauteur des attentes du public, notamment Watson qui passe définitivement à l'âge adulte en termes de cinéma, Harry Potter n'étant plus qu'un souvenir lointain. Dommage, donc, que le scénario ne soit pas au même niveau que la mise en scène, car si l'analyse de la peur elle-même est très solide, le suspens est largement absent, la fin se laissant deviner au bout de vingt minutes. N'empêche que, si vous êtes fan du genre, il serait plus logique de voir ce film-ci pour Halloween, plutôt que le nouveau Paranormal Activity...

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