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Keeper

 
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Diplômé de l'INRACI en 2001, Guillaume Senez réalise trois courts-métrages récipiendaires de nombreux prix dans divers festivals à travers le monde: La Quadrature du cercle (2006), Dans nos veines (2009), nommé au Prix Unifrance du meilleur court-métrage au festival de Cannes et nommé aux Lutins du court-métrage, et U.H.T. (2012), nommé aux Magritte du Cinéma Belge dans la catégorie meilleur court-métrage. Avec Keeper, Guillaume Senez signe un premier long métrage sur un sujet délicat et périlleux, la sexualité et la grossesse au sein d’un couple d’adolescents, qu’i brode avec finesse et justesse.

Pour incarner ce couple d’adolescents, Guillaume Senez  a choisi Kacey Mottet Klein et Galatéa Bellugi, entourés de Catherine Salée, Sam Louwyk, Laetitia Dosch dans les rôles des parents.

Maxime et Mélanie s’aiment et découvrent l’amour avec la passion et la maladresse de leur quinze ans. Un jour, Mélanie apprend qu’elle est enceinte. Maxime accepte mal la nouvelle mais, peu à peu, conçoit l’idée de devenir père. Il convainc alors Mélanie de garder l’enfant.

A dix-sept ans, le jeune comédien lausannois, révélé dans Home, campe un ado confronté  la paternité par accident. Tous les personnages sont magnifiquement observés, décrits à travers une palette de réactions qui va de la compréhension et du soutien (la mère de Max) au rejet brutal (la mère de Mélanie). Avec aquité, sensibilité et pertinence, Guillaume Senez explore la folie de la jeunesse et le dilemme d’une décision existentielle à prendre (garder l’enfant ou avorter) avec la la responsabilité qu’un tel choix engendre. Le réalisateur belge réussit un début impressionnant avec Keeper, grâce à une maîtrise tant dans la narration que dans la direction d’acteurs. Maxime (Kacey Mottet Klein) et Mélanie (Galatea Bellugi) forment un couple typiquement représentatif des adolescents, qui, par moments, nous rappelle l’univers des frères Dardenne. Mais ici, l'histoire se déroule dans un milieu de la bourgeoisie de la classe moyenne. Keeper brosse le portrait honnête et convaincant d'un garçon un peu gâté qui est subitement jeté dans l’âge adulte, et dispose d'un dénouement déchirant et donne à réfléchir.

Comme dit précédemment, le sujet était périlleux mais Guillaume Senez évite habilement de sombrer dans le piège du sentimentalisme en adoptant une approche réaliste et directe, dénuée de toute fioritures superflue. Keeper demeure une histoire émouvante mais le jeune cinéaste belge ne force jamais le trait, ni n’exagère l'émotion. Ce qui émane du film est un sentiment de spontanéité et de vitalité que portent les acteurs. Cette immersion est certainement due au fait que Guillaume Senez a construit son film en se basant  sur ses expériences et celles de ses acteurs: les émotions exprimées par les personnages principaux sont d’ailleurs, une réflexion de leur propre bagage émotionnel et de leur vie personnelle. Guillaume Senez reste très proche de ses deux jeunes protagonistes, fous d'amour l’un pour l'autre, mais manipulés par certains adultes.

Keeper a été sélectionné dans la sélection officielle au Festival du Film d’Ostende, la sélection officielle au Festival del Film Locarno (Cineasti del presente) et la sélection officielle au Toronto International Film Festival.

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