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Appia Mémoires d'une oeuvre

 
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Appia, mémoires d’une oeuvre, le dernier documentaire de Nasser Bakhti, sort sur les écrans après plusieurs avant-première qui ont rencontré un immense succès. Cette nouvelle invitation au voyage du scénariste, producteur et réalisateur indépendant élabore le portrait de l’artiste peintre genevois Dominique Appia. Un documentaire qui a vu le jour grâces à la ténacité de l’un, l’emballement de l’autre et l’enthousiasme commun que le réalisateur et le peintre ont partagé durant les trois années qu’ont duré ce tournage. Cependant, Rien n’était moins certain quand Nasser Bakhti a proposé cette aventure à Dominique Appia. 

En effet, l’artiste avait connu moult propositions de films qui s’étaient toutes avérées des promesses non tenues. Quand Dominique Appia a cerné le sérieux et la fiabilité de Nasser Bakhti, la confiance entre les deux hommes fut établie et s’est consolidée au fil des mois passés ensemble. Le résultat est un documentaire captivant qui, au fil des confidences, explorer l’histoire de la passion d’un homme pour la peinture, une passion observée à travers la vie, le cheminement et le parcours tant professionnel qu’artistique de Dominique Apia. La caméra de Nasser Bakhti révèle progressivement, avec une infinie poésie, l’homme, modeste et réservé, qui se cache derrière ce nom et derrière ces oeuvres pourtant connues de tous. C’est en effet par le prisme des tableau de Dominique Appia, filmés dans leurs moindres détails, que se révèle l’artiste.

Un artiste qui dévoile ses confidences - passionnantes sur son adolescence pendant la guerre, sa famille, ses amis et l’histoire de sa ville - et révèle ses obsessions - l’amour, les livres et la culture, l’architecture, le voyage, les moyens de transport - par touches progressives, délicates à l’image du peintre qui esquisse un tableau.

A 89 ans, Dominique Appia a marqué son temps par des oeuvres qui allient harmonieusement l’hyperréalisme et le surréalisme mais, pour son plus grand malheur, le public n’associent pas forcément son nom à ses oeuvres.

Pourtant, en un demi-siècle, le coup de pinceau de Dominique Appia plane sur Genève à travers plusieurs œuvres d’envergure, comme la peinture murale de l’Hôtel Métropole, le bassin méditerranéen de Rolex ou le plafond du Victoria Hall lors de sa réfection. Des affiches, oeuvres de l’artiste, comme la fameuse Tour de Babel revisitée, parcourue de trains, sont imprégnées dans l’esprit collectif.

Par touches picturales, le film de Nasser Bakhti suit l’artiste qui livre progressivement ses obsessions et ses préoccupations les plus intimes: l’amour, les livres, les voyages, l’architecture. On le voit déambuler dans Genève, qu'il aime tant arpenter un pinceau à la main. Dominique Appia est passionnant, une mémoire vivante dont on boit les paroles et qui a tant à nous transmettre sur l’art et une Genève désormais révolue qu’il a connue enfant et adolescent.

Il était grand temps que l’injustice soit réparée. Voilà ce que Appia, mémoires d’une oeuvre, est parvenu à faire. Le film s’ouvre sur un atelier de dessin animé par Anne Mathil, sculptrice et compagne de Dominique Appia, dont la voix scande «Changez!» au modèle qui pose. Ingénieusement, le générique de fin reprend l’injonction, en l’accélérant, passant en revu les tableaux de Dominique Appia. La boucle est bouclée après une exploration sensible, envoûtant et subtilement illustrée musicalement.

Tracer le portrait du peintre genevois Dominique Appia, c’est explorer l’histoire d’une passion: celle de sa peinture, l’histoire d’une vie, son parcours, sa famille, ses amis, et l’histoire d’une ville de culture, celle de Calvin et de Rousseau, où le succès artistique peut parfois se payer cher.

En un demi-siècle, Appia a apposé sa marque sur Genève par plusieurs œuvres d’envergure, comme la peinture murale de l’Hôtel Métropole, le bassin méditerranéen de Rolex ou le plafond du Victoria Hall.

Grandes expertes en la matière, les Editions Slatkine sortent un nouveau manuel sur Genève. La délicieuse promenade à laquelle le peintre suisse Dominique Appia, habitant de Champel, nous convie passe par la ville et ses environs. On trouve en fait dans cet ouvrage ce qui n’est habituellement pas dans les guides. Le côté mondain de Genève est certes exploré, mais on découvre surtout ses aspects intimes, où l’amour et les sentiments du discret Dominique Appia transparaissent par touches délicates.

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