Critique

Phantom Boy

 
Critique par |

Le dernier né de studos Folimage, Phantom Boy, est le deuxième long métrage du tandem formé par  Alain Gagnol, réalisateur, et Jean-Loup Felicioli, dessinateur. Les deux compères travaillent ensemble depuis vingt-huit ans et ont réalisé une quinzaine de courts métrages avant de faire un premier long métrage très remarqué en 2010, Une vie de chat.

Précisons que Folimage est un vivier de créateurs de films d’animation; cette société de production située à Bourg-lès-Valence (Drôme), dans le sud de la France, et dirigée par Emmanuel Bernard. Jacques-Rémy Girerd, fondateur du studio en 1981 et réalisateur.

Alors qu’Une vie de chat présentait un Paris romantique et fantasmé, dans un harmonieux mélange des années 50 et du film noir, Phantom Boy nous tait traverser l’Atlantique pour New York; les gratte-ciel ont remplacé l’architecture haussmannienne et le voleur de bijoux est supplanté par  truand au visage écorché qui fait planer la menace d’un virus informatique sur la ville.

Un duo de héros hospitalisés et aux caractères opposés, un policier (Edouard Baer) accidenté et un enfant atteint d’un cancer vont unir leurs efforts pour venir à bout du gang qui terrorise New-York, assistés par une journaliste opiniâtre (Audrey Tautou). Que les plus jeunes spectateurs se rassurent: le méchant insaisissable (Jean-Pierre Marielle) et son duo de subalternes, surnommés Le Géant et Le Petit Nerveux, finiront par tomber.

Les créateurs de Phantom Boy ne cachent pas leur inspiration qui rend clairement hommage aux comics créés par Stan Lee dans les années 60, tant à travers le obtenu de l’historie que des protagonistes. Ainsi, Léo qui survole Manhattan à l'aide d'un super-pouvoir, alors qu'il est hospitalisé à cause d'une terrible maladie qu’il doit combattre, fait immédiatement songer au héros de Marvel tels Superman, Spiderman, ou Wonder Woman.

Quant au méchant au visage digne d’un tableau de Picasso, il fait une évidente référence au genre fantastique et à l’Homme invisible (dans sa version originale de 1933) comme au Joker, l’ennemi juré de Batman, dans la version interprétée par Jack Nicholson, qui portait un costume et un chapeau proches du vilain de Phantom Boy. Les parent pourront s’amuser à identifier ces clins d’oeil alors que les enfants pourront interpréter le film au premier degré. Même Si il est question de maladie, du spectre de la mort, de gang de malfrats, le film n’effraie pas grâce au coup de crayon délicat et épuré qui adoucit les personnages.

Souhaitant donner un sentiment de liberté à l’animation, l’équipe a travaillé le dessin à la main en le couchant sur papier avec des craies à la cire, les fameux pastels de Caran d’Ache (et oui, du matériel suisse pour réaliser ce film d’animation!), en partant de photos réelles détournées par la suite selon les suggestions et les touches créatrices de chacun. Les décors étaient ensuite retravaillés sur ordinateur tout en conservant les traces du crayon et de la craie, d’où un dessin original, affiné et pur qui se démarque des dessins animés destinés au jeune public. Le choix des comédiens pour prêter leur voix aux personnages est particulièrement judicieux, parfaitement en adéquation avec le tempérament des personnages.

Phantom Boy a été présenté en avant-première mondiale au festival d'Annecy 2015 où Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli sont venus en habitués puisqu’ils y avaient présenté, en sélection officielle, Une vie de chat en 2010. Mêlant subtilement le film noir et le fantastique, Phantom Boy semble constituer la symbiose entre le précédent film du tandem de créateurs et leur prochain long métrage qui ne sera que … fantastique.

En savoir plus sur Firouz-Elisabeth Pillet

CONCOURS Thor Ragnarok gagnez deux places pour aller voir le film

Participer

CONCOURS 3 x 2 invitations à gagner pour l'ouverture et la clôture du VIFFF

Participer