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L'Etudiante et Monsieur Henri

 
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Ivan Calbérac, qui oeuvre comme réalisateur, scénariste, acteur et producteur, a d’abord imaginé L’Étudiante et Monsieur Henri sous la forme d’une pièce de théâtre car l’écriture du sixième art semblait lui offrir plus de possibilités et de liberté que son équivalent cinématographique. En 2012, la pièce créée au Petit Théâtre de Paris dans une mise en scène de José Paul, a remporté un immense suffrage et fait partie des succès de l'année 2012, une version particulièrement remarquée par la prestation de Roger Dumas dans le rôle de Monsieur Henri. C’est après que Ivan Calbérac a décidé d’en faire un long-métrage.

Pour passer du sixième au septième art, le cinéaste a dû surmonter plusieurs contraintes dont la plus ardue fut l’unité de temps qui l’a amené à développer des dialogues plus fournis entre Constance et Monsieur Henri: ces dialogues sont, d’ailleurs, les moments savoureux, parfois truculents, de ce film. Par essence, une pièce se déroulant en une seule soirée ne se prêtait guère à un éclatement de l’intrigue mais c’est aussi en accordant plus de répliques au rôles secondaires (le fils, la bru, le père de Constance) qu’Yvan Calbérac a su relever ce défi. Contre toute attente, l’unité de lieu n’a pas posé problème au cinéaste. Comme le réalisateur l’a expliqué devant la caméra de clap, il a choisi d’étaler l’histoire filmée sur plusieurs mois afin de pouvoir introduire de nouveaux lieux sans sombrer dans des artifices en tous genres.

Le film, porté par un tandem de personnages (Claude Brasseur, Noémie Schmidt ) que tout semble opposer demeure la réussite de ce film qui, sans eux, n’apporterait pas grand chose. En effet, composé de Monsieur Henri (Claude Brasseur ronchon et revêche à souhait) face à une jeune fille qui doute de ses capacités mais persévère malgré l’accueil hostile de son hôte, ce duo incarne des moments opposés de la vie, l’un qui est à son crépuscule et l’autre à son aurore.

Parmi les rôles secondaires, mentionnons Frédérique Bel dans un personnage à contre-emploi (une catholique pratiquante à cheval sur ses principes et toujours décalée) et Guillaume De Tonquédec en fils rabaissé qui, au contact de Constance, se libère de son carcan.

En filigrane, le film d’Yvan Calbérac traite de sujets actuels, comme la difficulté pour les étudiants à trouver un logement, mais aborde aussi des sujets plus universels comme la filiation, le poids de l’éducation, la réalisation personnelle et l’accomplissement de ses passions. On comprend qu’à travers leurs blessures et leurs problèmes psychologiques, les personnages dépeints par Yvan Calbérac tentent de se libérer et de s'épanouir pleinement dans leur vie. A ce propos, le personnage de Monsieur Henri agit homme un révélateur pour celui de Constance, et par ricochet, sur le couple formé par Paul et Valérie.

Si la volonté du réalisateur était de faire de L’étudiante et Monsieur Henri une comédie, parfois dramatique, centrée sur des personnages à caractères forts, l’aspect comique réside essentiellement dans les nombreux dialogues et joutes oratoires. Le film transpire une atmosphère assez vieillotte, voire désuète qui ne laisserait pas un souvenir impérissable sans ce tandem  insolite constitué par un Claude Brasseur râleur et bourru et une Noémie Schmidt fraîche et ingénue dont la carrière naissante est à suivre.

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