Critique

Au plus près du soleil

 
Critique par |

Sophie (Sylvie Testud), impeccable en juge d’instruction, auditionne Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Au cours de l’ enquête, elle réalise que la prévenue est la mère biologique de Léo (Zacharie Chasseriaud), l’enfant que son mari Olivier et elle ont adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. Olivier (Grégory Gadebois, qui incarne avec brio l’incertitude et l’ambivalence), désapprouve son attitude et entre en relation avec Juliette sans lui révéler sa véritable identité. Mais la jeune femme découvre qu’Olivier est le mari de sa juge. Elle ne saisit pas son insistance lors qu’Olivier ne peut guère lui révéler la vérité.

Durant de nombreuses années, Yves Angelo a exercé comme directeur de la photographie, ce qui lui a permis de côtoyer nombre de comédiens dont Sylvie Testud et Grégory Gadebois à plusieurs reprises. Pour son sixième long-métrage en tant que réalisateur, Yves Angelo les retrouve pour incarner son couple de protagonistes face à Juliette, interprétée par Mathilde Bisson dont le personnage tient la fonction de véritable pivot du film, point d’ancrage. Initialement comédienne de théâtre, Mathilde Bison s’est illustrée au cinéma dans des seconds rôles chez des réalisateurs comme Jérôme Bonnell (La Dame de Trèfle) ou Philippe Garrel (La Jalousie). En incarnant Juliette, l’actrice endosse un premier rôle à la fois lumineux et ambigu dans lequel elle excelle et rayonne. Bousculant l'équilibre bien établi d'une famille bourgeoise, il fallait une jeune femme au tempérament tramé et fougueux, traits de caractère qui ont su convaincre le réalisateur lors des auditions.

Construit comme une tragédie grecque en cinq actes et dont la partie sur le bateau de croisière aboutit à la catharsis du film, Au plus près du soleil évolue comme un drame qui ouvre des voies insoupçonnées à mesure que l’histoire évolue. En confinant les protagonistes sur un bateau, un endroit d'où les personnages ne peuvent s’enfuir, le film accélère son récit jusqu’au dénouement libérateur.

Plus les tensions entre les gens augmentent, plus le réalisateur crée une proximité avec eux en recourant aux gros plans, cadrant les visages au plus près, de manière organique, pour exacerber leur psychologie.

En tant qu’ex-directeur de la photographie, Yves Angelo a accordé un soin tout particulier à la lumière de son film qui envoûte par des tonalités chatoyantes et lumineuses.

En savoir plus sur Firouz-Elisabeth Pillet

CONCOURS Thor Ragnarok gagnez deux places pour aller voir le film

Participer

CONCOURS 3 x 2 invitations à gagner pour l'ouverture et la clôture du VIFFF

Participer