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Je suis à vous tout de suite

 
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Je suis à vous tout de suite, de Baya Kasmi, sort sur les écrans. Baya Kasmi … Ce nom vous est familier. Et pour cause! Baya Kasmi oeuvre comme scénariste depuis de nombreuses années.

Réunissant ici Vimala Pons, Mehdi Djaadi, Agnès Jaoui, Ramzy Bedia, Anémone, Claudia Tagbo, Camélia Jordana, Lyes Salem et Zinedine Soualem, un sacré casting pour entourer Hanna, jeune DRH qui regorge de charme et ne sait pas dire non: elle est si gentille car elle couche avec les employés qu’elle a licenciés pour les consoler.

Baya Kasmi a réalisé des courts-métrages, mais aussi c’est surtout son travail comme scénariste sur le film Le Nom des gens, de Michel Leclerc, avec Jacques Gamblin, Sara Forestier, Zinedine Soualem, qui l’a rendue célèbre. A travers le personnage de Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie qui, par engagement politique, couche avec ses ennemis pour les convertir à sa cause, Baya Kasmi abordait des sujets délicats et sensibles comme l'immigration, la Shoah, la religion, les origines culturelles et l'identité, en les traitant avec perspicacité et légèreté.

Quand Baya Kasmi a décidé de passer derrière la caméra pour son premier long-métrage, elle s’est naturellement associée à son collègue de toujours, Michel Leclerc; ils ont donc écrit le scénario ensemble.

Si Baya Kasmi confesse s’être inspirée de l’ouvrage La Contrevie de Philip Roth, dans laquelle la réalisatrice a retrouvé des similitudes avec sa propre histoire à travers des enfants attachés à leurs origines algériennes, mais de façons très différentes, elle a donc voulu recréer cet univers et développer ces thématiques. On comprend son besoin de traiter, à nouveau, les mêmes sujets mais de manière bien moins convaincante que son acolyte dans Le Nom des gens. Comme quoi, il n’est pas si aisé de passer de l’écriture à la réalisation.

Je suis à vous tout de suite aborde donc l'immigration de la religion et de l’identité, des thèmes sur lesquels la nouvelle réalisatrice surfe sans parvenir à nous convaincre. On peine, en effet, à croire en cette DRH qui se livre corps et âme, mais surtout corps, dans les bras de ses ex-employés, fraîchement renvoyés. On peine encore à croire au personnage du frère Hakim, focalisé sur ses racines algériennes et qui se radicalise, quand, insuffisant en hémodialyse et en attente de greffe, ce il part vivre en Algérie et y survit sans traitement. Tant d'invraisemblances finissent par faire décrocher le spectateur.

On soulignera la prestation en tant qu’actrice de Camélia Jordana (révélée dans l'émission La Nouvelle Star en 2009) qui prouve qu’en sus de chanter, elle sait jouer. Malheureusement, cela ne suffit pas à sauver le film.

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