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Me and Earl and the Dying Girl

 
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Me and Earl and the Dying Girl (This is not a love story pour la sortie en terre francophone)d’Alfonso Gomez-Rejon, a été présenté sur la Piazza Grande lors du dernier Festival de Locarno. Inspiré du roman éponyme pour adolescents de Jesse Andrews, le film traite de la maladie et de la mort à travers l’histoire de Rachel, une jeune fille diagnostiquée leucémique. Même si la mort plane de manière omniprésente sur l’histoire, le film s’affirme comme un hymne à la vie, de manière assez ostentatoire, à grand renfort de situations cocasses et d’humour. 

La "fille mourante" du titre original, Rachel, est étudiante au sein d’une école secondaire renommée, poursuivant avec vaillance et bravoure son cursus, distillant ses conseils et ses encouragements à ses amis alors que sa leucémie myéloïde aiguë ne lui laisse que peu de place à l'optimisme. Ce rôle difficile est interprété par Olivia Cooke, qui, livre une performance sans faille. A ses côtés, Greg (Thomas Mann), un adolescent esseulé et en manque de confiance de soi, est poussé par sa mère à se lier d’amitié avec Rachel.

Après moult manœuvres d’évitement, liées intrinsèquement à l'être profond de Greg, ce dernier découvre en Rachel une amie insoupçonnée qui devient un point d’ancrage et de socialisation pour lui, habituellement mu par un sentiment d’inadéquation et d’incompréhension. Le seul qui le comprenne est son ami Earl (RJ Cyler) bien qu’il soit issu d’un milieu social aux antipodes du sien.

Tous les éléments de l'intrigue sont empreints d’une bonne volonté dégoulinante, parfois extrême à travers les personnages de la mère de Greg, interprétée par Connie Britton ou la mère de Rachel, caricaturale à souhait,  jouée par Molly Shannon. Le tout offre un amas de situations et répliques tire-larmes peu convaincant et affligeant malgré une distribution de haute volée. Dans ce blockbuster hollywoodien, les seuls éléments qui se différencient sont ceux, plus personnels, ajoutés par le réalisateur: durant le long-métrage, Greg et Earl réalisent 42 pastiches de grands classiques du monde cinématographique, comme A Sockwork Orange, une parodie d’Orange Mécanique (le titre original étant A Clockwork Orange) où les personnages ont été remplacés par des chaussettes. On peut citer aussi Senior Citizen Cane pour Citizen Kane ou encore The Seven Seal (Le Septième Sceau) qui devient The Seven Seals parlant de sept mammifères marins. C’et le seul moment où les spectateurs s’amusent à reconnaître les références cinématographiques. Le cinéaste a rendu hommage à un professeur qui l’a soutenu quand il a perdu son père à travers la figure de Monsieur McCarthy (Jon Bernthal), un professeur qui conseille des lectures, donnant un sens à la maladie, à la mort et à diverses questions existentielles. Malheureusement, ces maigres éléments ne suffisent pas à faire de Me and Earl and the Dying Girl un film intéressant.

En le visionnant, on songe inévitablement à The Fault In Our Stars (Nos étoiles contraires) qui traitait d’un sujet similaire avec justesse et poésie, sans vouloir déclencher pathos et larmes à tous vents.

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