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Ricki and the Flash

 
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Si on dit "Meryl Streep" et "musique", la plupart des gens penseront sans doute à Mamma Mia! et aux tubes d'ABBA. Certains se rappelleront peut-être d'Into the Woods, sorti en début d'année et tiré de la pièce de Sondheim. Maintenant, après avoir conquis la Piazza Grande de Locarno, Ricki and the Flash montre un autre côté musical de la comédienne, qui fait preuve d'une énergie et d'une volonté de se réinventer, ce qui n'est pas évident chez les acteurs de son âge.

Ricki, c'est le pseudonyme de Linda (Streep), une caissière qui vit ses rêves de rock star en chantant régulièrement avec son groupe The Flash. En poursuivant ses passions, elle a quasiment détruit toute relation avec son ex-mari (Kevin Kline) et ses enfants, notamment sa fille Julie (Mamie Gummer, la vraie fille de l'actrice). Une opportunité de rédemption se présente lors du mariage de son fils Joshua (Sebastian Stan), mais le doute s'impose: et si c'était trop tard?

Pour la deuxième fois, après The Manchurian Candidate (2004), Streep est dirigée par Jonathan Demme, ce grand raconteur des contredictions américaines, capable aussi bien de signer des séquences musicales qui donneront à tout le monde envie de danser, que de tout miser sur les intéractions entre les comédiens dans des scènes qui, tel l'excellent Rachel Getting Married, inédit chez nous, trouve le rire dans des instants très humains et gênants. Digne et fragile, la plus grande actrice américaine de sa génération s'impose encore une fois comme une véritable force de la nature, irrésistible même quand on est tentés de ne plus vouloir l'entendre. Bien entendu, cette sensation ne dure pas longtemps, surtout quand elle sort du Springsteen...

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