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American Ultra

 
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CONTRE

American Ultra. Ultra quoi? Mauvais, et ce à quasiment tous les niveaux. On passera rapidement sur la photographie peu inspirée et le montage au hachoir qui rendent les scènes d'action, nocturnes dans leur grande majorité, illisibles et ennuyeuses, pour s'attarder sur la crétinerie d'un scénario qui accumule les incohérences et les facilités en se prenant très au sérieux. Au sortir de cette chose peu recommandable, on se souvient de l'impatience de certains internautes un peu surexcités, voire hystériques, de se réjouir du dit objet, s'attendant à une comédie violente au vitriole.

Et bien, il n'y a absolument rien à rire dans ce très navrant spectacle et sa violence extrême devient vite lassante et non exutoire. Tout commence par la presque fin d'une intrigue tirée par les cheveux et les poils où un jeune-homme hirsute et dépendant au cannabis, Mike Howell, doit expliquer la traînée de sang qu'il a laissée derrière lui en trois jours. Lui et sa petite amie, Phoebe Larson, devaient se rendre à Hawaï, mais il est victime d'une crise d'angoisse et le voyage est annulé. Il reprend son petit boulot dans un épicerie isolée et, un soir, il reçoit la visite d'une responsable gouvernementale qui lui sort une phrase en forme de code. Le spectateur sait déjà à ce moment que le pauvre petit est voué à disparaître car il fait partie d'un programme qui n'a plus de raison d'être. Deux affreux se présentent à lui et, en un éclair, Mike s'en débarrasse, se transformant en un guerrier surentraîné. On apprend assez rapidement qu'il était un ancien drogué faisant partie d'un plan tordu des services secrets qui avait pour but d'en faire une machine à tuer: que c'est original!

Mais, tout d'un coup, du jour au lendemain, il doit mourir on ne sait pour quelle raison et le scénario paresseux ne se préoccupe pas de s'y attarder plus. La suite est donc une banale histoire de survie où Mike tente de rester en vie alors qu'il a quasiment un quart de l'armée à ses trousses. Ah oui, il y a aussi cette romance entre lui et Phoebe qui est censée nous apitoyer sur son triste sort, amenée de la manière la plus mièvre qui soit.

Pour le réalisateur du déjà très peu reluisant Project X, American Ultra est un prétexte à étaler des scènes de violence pour la plupart complètement gratuites qu'il rate allègrement par un manque de rigueur digne du moins bon novice. Une absence totale de scripte sur le tournage et de relecture au sein de l'équipe, ce aussi bien à l'écriture qu'au montage est un exemple flagrant. Au début du film, il achète à son dealer un lot de feux d'artifice qu'il veut utiliser pour faire sa demande en mariage à sa douce. Il pose la caisse dans le coffre de sa voiture qui explose sur le parking de son lieu de travail. Mais, comme par miracle, il ressort cet arsenal parti en fumée pour se sauver d'un dernier mauvais pas. Tout est dit. Ah non, pas tout à fait, le pire arrive avec l'épilogue qui est conçu pour annoncer une probable suite: puisse-t-elle ne jamais exister et espérons que l'on cesse de financer ce tâcheron de Nima Nourizadeh avant qu'il n'aie quelque chose de valable à proposer.

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