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Les 4 Fantastiques

 
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La première famille de Marvel revient à l'écran. Un retour pas facile, d'un côté parce que le deuxième long métrage de Josh Trank, auteur de Chronicle, a fait l'objet de plusieurs controverses pendant le tournage, de l'autre parce que les 4 Fantastiques n'ont jamais eu une vie facile à l'écran, qu'il s'agisse de la version cheap produite par Roger Corman qui n'a pas eu de sortie officielle ou des deux films réalisés par Tim Story en 2005 et 2007. Comme 20th Century Fox a fait un très bon travail avec les X-Men, on s'est approché du film de Trank avec une certaine dose d'optimisme, ce qui compensait beaucoup des doutes. Hélas, ce fut en vain.

Or, placer Reed Richards (Miles Teller), Susan Storm (Kate Mara), Johnny Storm (Michael B. Jordan) et Ben Grimm (Jamie Bell) dans un contexte plus moderne, moins ouvertement fantastique, n'est pas, en soi, une mauvaise idée. Il y avait même de la promesse dans le concept de traiter les personnages, du moins en partie, comme dans un film de David Cronenberg, en explorant le côté le plus tragique de leurs transformations en êtres surdoués. Sauf que cet aspect, comme beaucoup de séquences, a l'air d'avoir été recoupé et réduit au minimum. En fait, le personnage de Grimm, qui était une des meilleures raisons pour regarder la version de 2005, est honteusement marginalisé. C'est donc Michael B. Jordan, dont la présence dans le film a été attaquée dès le début, souvent avec des insultes racistes, qui doit assurer le côté charmant du récit. Il y réussit. Mais il peut pas tout faire tout seul. 

En effet, le charme était un ingrédient efficace dans les films de Story. Ici, il est largement absent, ce qui est étonnant vu le talent que Teller et Mara ont exhibé ailleurs à plusieurs reprises. De même pour l'Anglais Toby Kebbell, qui a le rôle ingrat du méchant, Dr. Doom. A peine tolérable il y a dix ans, le personnage est carrément insupportable cette fois-ci, en partie parce que sa participation au récit aurait fait l'objet de modifications pendant le tournage lui-même, en lui dérobant un grand pourcentage de sa personnalité. On se retrouve donc avec un produit schizophrène, où la promesse de quelque chose d'intéressant se promène main dans la main avec des tentatives lamentables de reproduire l'humour qui a fait le succès du comic book depuis 1961. Un hybride qui, en raison de la durée réduite de même pas 100 minutes (hormis le générique de fin), n'a jamais vraiment le temps pour respirer et développer une identité spécifique.

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