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Renaissances

 
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«Vous ne pouvez pas le prendre avec vous». C’est sur cette réplique énigmatique que s’ouvre le dernier long métrage de Tarsem Singh, Renaissances. Le film commence comme une histoire en milieu financier avec Ben Kingsley en magnat de l’ immobilier amusant et sympathique mais, rapidement, le registre de science fiction sombre dans un réchauffé, suggérant la possibilité d’un futur proche où les richissimes pourraient étendre à l’infini leurs années de vie en conservant leur conscience mais en changeant de corps. Le mythe de la vie éternelle serait-il enfin accessible? Dans la version de Tarsem Singh, la procédure ne va pas se passer exactement comme annoncée .

Ben Kingsley incarne Damian, un investisseur immobilier fortuné de Manhattan pouvant influer sur la carrière de parvenus d’un simple claquement de doigts. Malheureusement, il ne parvient pas à trouver un terrain d'entente avec sa fille (Michelle Dockery) qui passe ses journées à peiner dans le centre d'une organisation communautaire à but non lucratif. Apprenant q’il est envahi de métastases, il reçoit une information inopinée lui suggèrant de prendre contact avec un médecin qui peut lui fournir un élixir de vie. Et voilà donc  Damian qui change de corps au grand damne des spectateurs qui voient disparaître Ben Kingsley de l’écran pour céder la place à Ryan Reynolds, esthétiquement irréprochable.

Malheureusement, l’esthétique ne suffit pas à tenir en haleine. Le nouveau Damian prend un peu de temps pour réapprendre à marcher et mémoriser son identité de couverture, chaperonné par des anges gardiens qui se révéleront bientôt des démons, ce qui nous vaut quelques scènes superflues de bagarre. A la Nouvelle-Orléans Damian savoure sa nouvelle incarnation, en particulier avec les femmes mais il oublie de prendre ses pilules à temps; il éprouve soudain des visions inconfortable et troublantes de souvenirs qui ne lui appartiennent pas.

Dans une torsion qui ne surprendra pas ceux qui ont vu RoboCop, nous apprenons que les nouveaux organismes d'accueil pour les gens aisés ne sont pas issus de tissus biologiques cultivés dans une cuve mais les corps de gens désespérés qui ont vendu leur anatomie pour de l'argent. Dans le présent cas, Ryan Reynolds incarne le corps d’un père dont la fille avait besoin d'une  intervention médicale pour survivre.

Ryan Reynolds fait du mieux qu'il peut dans un tel rôle peu approfondi, demeurant intrinsèquement sympathique et agréable à regarder. Nous sommes prompts à l'accepter comme bienfaiteur prêt à combattre les méchants au centre de cette supercherie médicale qui rapporte un sacré pactole au médecin à la tête de cette entreprise juteuse. Alors que l’intrigue aurait pu mener à des réflexions philosophiques ou à des considérations théologiques, toute intelligence est délaissée pour embourber le scénario dans une succession de scènes de poursuite ternes et sans intérêt.

Quelle déception de voir que Tarsem Singh, le réalisateur visionnaire qui a frappé l'industrie de la musique en réalisant les clips vidéo de Losing My Religion pour R.E.M. en 1991 et Sweet Lullaby pour Deep Forest en 1992 n’a pas su tirer profit d’un scénario susceptible d’ouvrir diverses pistes plus exaltantes. Beaucoup d’investissement pur beaucoup d’ennui!

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