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Je suis mort mais j'ai des amis

 
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Au milieu de l'été qui est souvent synonyme de grosses productions estivales, on se retrouve parfois en face d'objets filmiques non identifiés rafraichissants, comme ce long métrage franco-belge qui se déroule au Québec pour une grande partie.

Peu de temps avant de partir pour une tournée américaine, un groupe de rock perd son chanteur dans des circonstances accidentelles très proches de l'absurde. Malgré ce décès, il décident quand même de respecter leur engagement. Et là les surprise commencent pour les trois membres du groupe restants: ils découvrent que leur ami partageait sa vie avec un pilote militaire de couleur et, trompés par le frère du mort, un chanteur commercial et populaire qui a avancé l'heure de la cérémonie funéraire afin qu'ils n'y assistent pas, ils volent l'urne avec les cendres de leur ami. Accompagnés par le petit ami fraîchement découvert, ils traversent l'Atlantic, mais n'atterrissent pas du tout où c'était prévu, à cause d'une mauvaise entente entre eux et de circonstances pour le moins étranges.

Guillaume et Stéphane Malandrin peignent des personnages bruts de décoffrages dont il mettent en avant autant les nombreux défauts que les qualités. Par exemple, Bouli Lanners campe un mauvais coucheur à qui l'on donnerait volontiers des baffes par moments, comme il en a le secret, tout en lui offrant une sensibilité propre à la poésie la plus pure, c'est à dire sans fioriture, déstabilisante. Wim Willaert incarne lui un rocker dans toute sa splendeur, à la fois agaçant par son côté je-m'en-foutiste qui ne pense qu'à faire la fête, et touchant par sa sincérité proche de l'innocence mais tellement juste. Et dans le rôle du petit ami, Lyès Salem joue à merveille l'élément perturbateur qui essaie de s'intégrer: il est d'une justesse remarquable.

Ce film sort des sentiers battus et nous entraîne sans cesse sur des voies inattendues et cela fait du bien de se laisser emporter de la sorte, pour finir dans un village perdu d'Indiens du Québec où la vie n'a rien à voir avec ce que l'on connaît. Il contient des moments mémorables comme la mort du leader du groupe, l'atterrissage imprévu ou la romance entre le personnage de Bouli Lanners et une autochtone. On rit beaucoup, mais l'humour n'est pas balisé: il est à l'image même du long métrage, brut, surprenant, décontenançant. Une bien belle surprise qu'il serait dommage de ne pas déguster au frais d'une salle obscure.

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