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While We're Young

 
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Noah Baumbach est de retour, deux ans après le magnifique Frances Ha. Le noir et blanc et Greta Gerwig ne sont plus de la partie, mais New York et la jeunesse américaine sont toujours là. Sauf que cette fois l'optimisme a un teint plus sombre et mélancolique, qui fait de While We're Young un hybride entre l'énergie débordante et cinéphile de Frances Ha et la refléxion plus adulte de Greenberg, film scandaleusement inédit dans nos salles.

On retrouve Ben Stiller, l'acteur principal de Greenberg, dans le rôle de Josh, cinéaste frustré qui bosse depuis huit ans sur un documentaire sans arriver à l'aboutir. il mène une existence typiquement newyorkaise avec son épouse Cornelia (Naomi Watts), fille d'un réalisateur légendaire dans le domaine du documentaire auquel le Lincoln Center va rendre hommage. La vie du couple change lorsqu'ils font la connaissance de Jamie (Adam Driver) et Darby (Amanda Seyfried), deux jeunes pleins d'enthousiasme et motivation. Jamie, qui rêve de devenir cinéaste, demande des conseils à Josh, qui finit par l'aider sur un projet potentiellement important. Et pourtant la question s'impose: la présence de ce jeune couple est-elle vraiment bénéfique pour les quadragénaires Josh et Cornelia?

On pourrait accuser Baumbach d'une certaine tendance "hipster", en raison de ses choix esthétiques qui essaient d'être "cool" et ses renvois verbaux à la philosophie cinéphile de Godard. Mais cela n'est qu'une apparence, tout "hipsterisme" étant assumé et faisant partie d'un discours qui vise à critiquer certains choix d'une manière "jeune" de faire du cinéma. Certes, le réalisateur erre un peu trop dans l'autre direction avec un élément thriller qui sort plus ou moins de nulle part, mais sa pensée reste lucide et cohérente, et son film un mélange plaisant de classique et moderne. Au niveau du jeu d'acteur, les quatre protagonistes sont tous excellents, mais il faut souligner à quel point Ben Stiller s'engage dès qu'il est au service d'un projet qui ne lui demande pas de se faire uriner dessus par un singe ou partager des blagues à deux balles avec Robert De Niro. A quand une troisième collaboration avec Baumbach?

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