Critique

Pixels

 
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Basé sur un court métrage français, certes original, mais très ciblé sur la nostalgie ringarde qui alimente souvent les passionnés de jeux-vidéo, Pixels est devenue une infâme baudruche hollywoodienne au budget colossal, essayant lamentablement de reprendre les recettes des succès des années 80.

Après un prologue qui nous présente les personnages lors de leur adolescence, on les retrouve adultes confrontés à un défit aussi énorme que ridicule. Le héros de l'histoire incarné par l'éternel sale gosse Adam Sandler travaille dans une société d'installation et de réparation pour le divertissement électronique. Son meilleur pote est resté l'insupportable geek décérébré et vulgaire à l'image de l'exécrable Josh Gad qui lui donne vie. Le troisième larron, interprété par le non moins mauvais Kevin James, est même devenu Président des USA. Ils sont obligés de faire alliance avec leur pire ennemi, un nain vénal et libidineux (cela devient un cliché dans la comédie) qui gesticule tant bien que mal sous les traits de Peter Dinklage. Et bien sûr, il y a une femme (Michelle Monaghan qui doit avoir des tranches d'impôts en retard pour accepter une telle purge) qui, à la fois veut montrer qu'elle en a dans le pantalon, mais possède évidemment un corps à faire baver une armée de ces êtres étranges qui passent leur temps dans des mondes imaginaires à massacrer leurs ennemis ou à se prendre pour les rois de l'univers.

Or donc, l'ennemi qui est-il? C'est là que l'on atteint des sommets à la limite du racisme anti-extraterrestre car, dans cette chose estivale qui, on l'espère, sera très vite oubliée, les êtres d'outre-cosmos prennent pour une déclaration de guerre les jeux-vidéo qu'ils découvrent dans une capsule envoyée dans l'espace au cours des années 80. Ils défient donc la terre en leur envoyant Pacman, Tetris et autre Donkey Kong qui faisaient la fortune des établissements de jeux d'arcades. C'est pitoyable et ce long métrage en remet une couche en accumulant un humour de potache pas drôle, une crétinerie qui dépasse l'entendement et un romantisme totalement stupide. Il y a certes la surprise du premier effet de pixélisation des attaques, mais cela devient vite lassant et redondant: le combat final avec Donkey Kong est particulièrement moche et long.

Qu'avons-nous bien pu faire pour mériter une telle daube alors que l'on souffre déjà péniblement de la canicule? A qui la faute? A ces masses suiveuses qui bouffent tout ce qu'on leur présente sans aucun esprit critique, qui vénèrent comme une divinité la publicité qui représente dorénavant les trois quarts du budget d'un tel produit de consommation? Et si l'on retrouvait enfin nos esprits en disant «Stop» à ces inepties décérébrantes, peut-être que cela forcerait les grands studios à ne plus nous servir des soupes aussi insipides.

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