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Terminator: Genisys

 
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CONTRE

"I'll be back." Entendue pour la première fois en 1984, cette phrase culte d'Arnold Schwarzenegger est aussi, d'une certaine manière, la philosophie de vie de la franchise de Terminator, qui continue à se réinventer malgré plusieurs difficultés, notamment le départ du créateur James Cameron après le magnifique deuxième volet, sorti en 1991. Il faudra attendre douze ans avant la sortie de Terminator 3, réalisé par Jonathan Mostow. Hélas, ce n'est qu'une pâle imitation de son prédécesseur, et la carrière politique de Schwarzy lui interdit de revenir. Voilà donc qu'on se concentre plutôt sur Sarah Connor, dans un spin-off télévisuel qui se voit annulé après deux saisons, et sur son fils John, incarné par Christian Bale dans Terminator Renaissance, un échec commercial qui mène à la faillite de sa boîte de production. Le public aurait-il marre d'histoires de cyborgs tueurs, de paradoxes temporaux et de discussions autour du destin?

C'est bien ce qu'on verra avec Terminator: Genisys, ce cinquième volet qui est en même temps une suite et un reboot, un nouveau départ (c'est beau, les voyages dans le temps). On reconnaît le début: nous sommes en 2029, Skynet domine la planète et John Connor (Jason Clarke) est le leader de la résistance contre les machines. Un Terminator est envoyé en 1984 pour tuer Sarah Connor (Emilia Clarke), et John envoie son allié le plus proche, Kyle Reese (Jai Courtney), pour la protéger. Mais lorsque Kyle se manifeste à Los Angeles, ce n'est pas l'année 1984. Enfin, pas celle qu'il était censé atteindre. Car quelqu'un d'autre - on ignore qui - a envoyé un autre Terminator (Schwarzenegger) en 1973 pour sauver la vie de Sarah. Cette machine, qu'elle appelle "Papy" (ben oui, Arnold a vieilli, il faut assumer), l'a préparée pour le conflit qui viendra. Mais dans cette nouvelle ligne temporale, qui est digne de confiance? Et qui est cet homme mystérieux qui, juste avant le départ de Kyle, a attaqué John en 2029?

On peut bien admirer l'intention de Genisys, qui respecte l'oeuvre de Cameron tout en essayant de proposer quelque chose de nouveau. Et le point de divergence, où le Schwarzenegger plus âgé montre à la version de 1984 qui est le plus fort, est un moment jouissif et très prometteur. Hélas, au bout de la troisième course-poursuite, on n'en peut plus: de la prestation agaçante de Courtney dans le rôle de Reese et celle dépourvue de charme de Jason Clarke dans la peau de John Connor; d'un scénario qui mène le second dégré par rapport aux paradoxes temporaux jusqu'à l'excès, dérobant l'intrigue de la simplicité élégante que lui avait accordée Cameron; et de la construction débile de certaines scènes d'action, en particulier une séquence avec des hélicoptères où le seul instant qui fonctionne, c'est quand Schwarzy dit "I'll be back".

C'est justement l'ex-gouverneur de la Californie, l'homme qui fut Hercule et Conan, avec son accent autrichien et son énergie inépuisable, qui justifie l'existence de ce film bruyant et plutôt creux, et c'est grâce à lui qu'on sort du cinéma sans être déçus à 100%. La jeune Emilia Clarke, connue pour Game of Thrones, se débrouille plutôt bien aussi, mais c'est Arnold qui donne à Genisys un peu d'humanité. Mais pas assez pour qu'on se réjouisse d'une éventuelle suite. Will he be back? On sait pas, et franchement, on s'en fiche. 

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