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Gunman

 
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Gunman est un film constamment partagé entre deux âmes, deux individus: d'un côté, on a Sean Penn, le comédien (et cinéaste) engagé qui participe uniquement à des projets qu'il voit comme dignes par rapport à son ambition humaine; de l'autre on a Pierre Morel, un des disciples de Luc Besson, un réalisateur très (trop?) commercial à qui on doit le premier Taken (pas mal) et From Paris with Love (atroce). Lorsque ces deux forces se rencontrent, quel résultat vont-ils produire?

Le gunman du titre, c'est Jim Terrier (Penn), membre d'une équipe soi-disant humanitaire présente au Congo. En réalité, ils sont là pour assassiner un politicien, et l'homme choisi pour cette mission devra quitter le continent. Pendant huit ans, Jim arrive à vivre de façon plus ou moins normale. Puis, un jour, on essaie de le tuer, à cause de ses crimes anciens. Ne sachant plus à qui faire confiance, l'ancien tireur doit découvrir qui veut sa peau et espérer qu'il ne soit pas trop tard...

En théorie, le sujet est parfait à la fois pour l'acteur et pour le cinéaste: le premier, qui a aussi participé à la rédaction du scénario, peut explorer les coins les plus sombres de l'âme humaine et analyser la situation politique du continent africain; le second, armé d'une bonne histoire au niveau de l'action, peut inonder les plans les plus frénétiques avec son inventivité. Et pourtant... Et pourtant Gunman ne sait jamais vraiment où il veut aller: trop sérieux pour Morel, mais aussi trop banal pour Penn, qui n'est pas aussi prêt à se donner à 100% pour les bastons et les fusillades que le serait Liam Neeson. Il reste coincé au milieu, incertain. Il ne nous reste donc que de savourer les quelques scènes où on a droit à des prestations plus décalées de la part de Javier Bardem, Ray Winstone et l'acteur finnois Peter Franzén, impressionnant dans la peau du méchant. Dommage que ce soit au service d'un produit pareil.

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