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Jurassic World

 
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Cela fait 22 ans que Jurassic Park s'est imposé comme le blockbuster des années 90: spectaculaire, effrayant, drôle, implacable. Le film de Steven Spielberg, adapté du roman du même nom de feu Michael Crichton, était quelque chose de magique, que Spileberg lui-même essaya de reproduire dans une suite pas autant réussie. Un troisième volet assez décevant, réalisé par Joe Johnston, sembla avoir tué la franchise pour de bon. Et pourtant Spielberg a continué à chercher la bonne idée pour ramener le parc préhistorique dans les salles obscures. Voilà donc Jurassic World.

En ignorant largement les événements des deux volets précédents, ce quatrième épisode se réfère explicitement au prototype de 1993. John Hammond (joué dans le premier film par le regretté Richard Attenborough) est mort depuis longtemps, mais son rêve a été réinventé par sa compagnie, InGen: Jurassic Park est donc devenu Jurassic World, un succès phénomenal qui attire constamment un public curieux et enthousiaste. Mais pour éviter que tout cela ait l'air démodé, les scientifiques de InGen ne cessent jamais de créer de nouveaux dinosaures. Et lorsque leur création la plus dangereuse, appelée Indominus Rex, s'échappe et devient une menace pour toutes les personnes présentes sur Isla Nublar, c'est Owen Grady (Chris Pratt), un ex-soldat, essayant d'apprivoiser les velociraptors, qui doit neutraliser cette bête invincible...

Le réalisateur Colin Trevorrow, qui jusqu'à présent a réalisé un seul film, la comédie indépendante Safety Not Guaranteed (disponible sur Netflix, et ça vaut la peine), revient aux origines de la franchise tout en les mettant à jour avec un concept qui est tout à fait intéressant: et si le parc marchait? A partir de là, il suit l'exemple de Spielberg en construisant un produit divertissant et spectaculaire où le suspense, l'humour et l'action sont en équilibre. Il nous offre aussi des personnages qui sont des archetypes, certes, mais pas des clichés insupportables, mis à part quelques moments ayant pour centre deux ados. Et, il faut l'admettre, Omar Sy aurait pu avoir un rôle un petit peu moins stéréotypé (pour nous faire comprendre qu'il est français, il dit un certain mot scatologique plus d'une fois).

Bref, Jurassic World n'arrive pas exactement à recréer la magie du premier volet, qui était un ovni dans l'univers des blockbusters d'une décénnie précise. Mais il s'agit quand même d'un très bon retour pour une franchise affaiblie, et d'un excellent début pour ce qui pourrait être la nouvelle génération. Qu'on ait grandi avec Jurassic Park ou pas, c'est un des meilleurs rendez-vous au cinéma de cette année, du moins en ce qui concerne le populaire. 

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