Critique

Divergente 2: l’insurrection

 
Critique par |

Le premier Divergente a souvent été décrié comme un sous-Hunger Games, piétinant allègrement les plates bandes du film de Gary Ross en surfant sur le succès de l'adaptation des romans post-apocalyptiques "pour ados". Pourtant bien supérieur au film ayant consacré Jennifer Lawrence, Divergente premier du nom possédait le rythme, la fraîcheur, l'originalité et le punch qui manquaient cruellement à son prédecesseur. Non content de révéler au monde l'une des actricies les plus douées de sa génération (la subtile Shailene Woodley), Divergente abordait le thème des castes, des carcans, en un mot, des cases dans lesquelles la société range et classe ses individus. Quid de la libre détermination ? C'est sur ces passionnantes thématiques que se construisait le scénario de Divergente, débouchant sur un long-métrage bien plus intéressant que ce que l'on a bien voulu en dire.

Las, c'est avec déception que l'on termine la projection de Divergente 2 qui, loin de retrouver les qualités de rythme et d'originalité décrites plus haut, s'achève en outre sur une énorme incohérence scénaristique tout en contenant un sous-texte idéologiquement des plus douteux. Sans déflorer la fin du film, la révélation de Divergente 2, traumatisante s'il en est pour les protagonistes, passe pour eux comme une lettre à la poste. Mais là où le film devient après coup nauséeux, c'est dans son propos même. Déviant de trajectoire par rapport au premier opus, le long-métrage, à travers son twist final, ramène la quasi-totalité des habitants de la cité à des êtres de moindre valeur (n'entraînant par ailleurs chez eux aucune révolte ni aucun mécontentement, alors que n'importe quelle personne normalement constituée se mettrait à ruer dans les brancards). Cette idée selon laquelle des individus seraient  tributaires du salut de la société du fait de leur supériorité ontologique passe encore (souvenons-nous de Matrix). Mais créer in fine une césure entre eux et le reste de la population, et par là-même mettre en place une nouvelle caste, déçoit énormément, idéologiquement, moralement, cette position se trouvant en outre en contradiction totale avec l'idée de base qui irriguait l'histoire.

Que reste-t-il donc à sauver dans Divergente 2 ? Des scènes d'actions très bien emballées (l'immeuble en flammes dans les airs, notamment), une Shailene Woodley toujours craquante, et... c'est tout.

Divergente 3 parviendra-t-il à redresser la barre ? C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

En savoir plus sur Laurent Scherlen

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc

Participer