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Cendrillon

 
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Oh, c'est magique! Après ces adaptations de Blanche-Neige ou de la belle au bois dormant qui cherchaient forcément un point de vue inédit pour raconter ces histoires à une nouvelle génération de spectateurs, on a enfin droit à un produit qui arrive à séduire, émouvoir et faire rire sans trop de modifications au niveau de l'histoire originale. Ce Cendrillon en prises de vue réelles, c'est carrément le dessin animé de Disney avec de vrais acteurs.

Tout est inclus, même les souris, le chat Lucifer et les chansons. Seulement que les rôdeurs ne parlent pas (mais qu'est-ce qu'ils sont adorables), le félin n'a pas beaucoup de présence ni de personnalité, et pour entendre la musique de notre enfance, notamment Helena Bonham Carter - dans le rôle de la fée marraine - qui chante Bibbidi Bobbidi Boo, il faudra attendre la fin du générique. On a aussi droit à une petite intrigue à la cour qui sent la pièce de Shakespeare - normal, c'est Kenneth Branagh qui réalise - et un prince charmant qui, comme son homologue dans le hilarant Into the Woods, n'est pas si parfait que ça.

Pour le reste, rien de révolutionnaire dans la façon dont Branagh aborde l'histoire. Et c'est ça, le vrai atout de ce Cendrillon. Voici un film qui croit au simple principe d'un bon récit bien raconté, et on sent dès le premier plan l'amour du cinéaste pour le matériel qui lui a été confié: les décors, les costumes, les effets spéciaux se mélangent pour créer un monde fantastique et vraisemblable, habité par des personnages simples, certes, mais convaincants. Lily James, la jeune protagoniste, est l'incarnation de la beauté intérieure et de la gentillesse, tandis que Cate Blanchett, la belle-mère sans scrupules, est si délicieusement méchante qu'on arrive presque à percevoir la joie de la comédienne lorsqu'elle a le droit d'être tout à fait détestable. Elles font partie d'une jolie troupe d'acteurs qui, comme Branagh derrière la caméra, se sont visiblement amusés à créer cet univers magique si rafraîchissant par son classicisme. Un triomphe, on ne peut pas dire autrement!

De plus, pour les admirateurs de La reine des neiges, ce film vous offre la possibilité de revisiter le monde d'Arendelle, car il y a, en avant-programme, le court métrage Frozen Fever. Une histoire d'anniversaires et de rhûmes, qui réunit toute l'équipe: Elsa, Anna, Olaf, Kristoff, Sven. Huit minutes de rires et de bonheur, en attendant le deuxième volet à proprement parler.

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