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Le Dernier Loup

 
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Jean-Jacques Annaud aime mettre en scène des animaux sauvages. Après avoir transformé des éléphants en mammouth et maquillé des fauves en tigres à dents de sabre préhistoriques pour les besoins de son mythique La Guerre du feu, s'être concentrer sur les plantigrades dans son Ours au succès retentissant, et avoir conté l'histoire d'un couple de tigres dans Les Deux Frères, il s'intéresse aujourd'hui au loup de Sibérie. De tout temps, le loup a fasciné l'être humain par sa dualité qui allie la sauvagerie la plus pure à la ressemblance au chien domestique. On est même parvenu à fondre l'humain et l'animal dans une créature cauchemardesque, le loup-garou, et ce, dès l'Antiquité.

Le Dernier Loup est adapté du roman de Jiang Rong, l'un des écrits les plus lus en Chine, narrant l'histoire de Chen Zen, un jeune intellectuel chargé d'alphabétiser les paysan du nord du pays, à la frontière mongole, en 1967. Très vite, le film d'Annaud est le reflet du coup de foudre qu'éprouve Chen à la vision des paysages de steppes infinies et à la fréquentation d'un peuple qui vit au rythme des saisons avec pour seul maître, la nature. La scène où il se retrouve en présence d'une meute de loups pour la première fois dose parfaitement, son éblouissement et sa peur. Chen va donc opter pour le respect et aborder ces canidés avec le plus grand tact. Après avoir assisté à la mise à mort des nouveau né pour réguler l'espèce, Il se met en tête d'élever un louveteau afin d'étudier sa croissance.

Le réalisateur du Nom de la Rose évoque l'immensité d'une région à travers le microcosme d'un petit village de yourtes. Cette manière de procéder remet l'humain à sa place, où seule l'humilité a sa raison d'être face à la nature toute puissante. Son nouveau long métrage comporte un grand nombre de séquences spectaculaires comme une course nocturne sur un lac gelé ou des cavalcades dans les steppes. Ce sont surtout les moments qui mettent en scènes les loups qui laissent une impression remarquable, grâce à un travail prodigieux entre les comédiens et les animaux. On sort du film avec l'agréable sensation d'avoir voyagé et découvert un coin de la planète où l'humain n'est pas encore maître de la situation.

Le Dernier Loup parle de tolérance et des problèmes auxquels elle doit faire face quand l'homme décide prétentieusement et impérieusement que sa présence ne peut survivre, ou plutôt s'imposer, qu'en éradiquant une autre espèce. Certains effets émotionnels du film confèrent à une certaine naïveté. Loin d'être celle issue de l'ignorance ou d'une croyance monolithique, cette dernière est plutôt l'évocation d'une pureté d'âme, d'un idéal de cohabitation, du respect le plus total entre un habitat et ses locataires, quels qu'ils soient.

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