Critique

Micmacs à tire-larigot

 
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On est toujours heureux de retrouver l’univers de Jean-Pierre Jeunet et là il nous offre un film plein d’espièglerie et d’humanité. En deux scènes, il nous présente son personnage principal, un brave homme dont le père est mort à cause de l’explosion d’une mine durant la guerre d’Algérie et qui, lors d’une banale soirée de travail, se retrouve au milieu d’une fusillade et prend une balle perdue qu’il garde dans sa tête. Du jour au lendemain, il se retrouve sans travail et sans domicile, errant dans la rue en essayant de gagner un peu d’argent en jouant les saltimbanques. C’est cette nouvelle existence qui lui donne l’occasion de pénétrer dans une communauté de laissés-pour-compte qui vivent de la récupération d’objets en tout genre. Avec leur aide précieuse, il peut enfin mettre à exécution une sorte de plan de vengeance.

La mise en scène de Jean-Pierre Jeunet est à l’image de sa petite troupe de personnages, haute en couleur, pleine de trouvailles et à dimension humaine, car il ne cherche pas à faire un pensum sociologique ou un gros mélodrame, tout en abordant la noirceur dont l’esprit humain peut parfois faire preuve. Ses héros sont l’échine centrale de son film et comme à son habitude, il nous offre un casting des plus judicieux avec Jean-Pierre Marielle en roi de la récupération plein de gouaille, Dominique Pinon en ancien homme canon un peu bourru, Yolande Moreau en une truculente cantinière, Omar Sy en obsédé des proverbes et expressions françaises qu’il mêlent à chacun de ses dialogues, Marie-Julie Baup en véritable calculatrice humaine qui possède un compas dans l’oeil et Julie Ferrier en femme élastique qui se joue de son corps comme s’il s’agissait d’une peluche. Puis il y a Danny Boom dans le rôle principal qui réussit une prestation formidable toute en retenue et deux «méchants» sous les traits des impeccables André Dussolier et Nicolas Marié.

Jean-Pierre Jeunet rend aussi un hommage touchant au cinéma qui a bercé son enfance en usant de jolies références à l’âge d’or hollywoodien sans ne jamais en faire trop dans la nostalgie. Et c’est grâce à cette alchimie parfaitement dosée que l’on ressort de son long métrage avec la joie de vivre.

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