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PLUTOT POUR

Avec son nouveau film, le réalisateur des Brigades du Tigre et de quatre épisodes de la série Maison close, Jérôme Cornuau signe une comédie dans le milieu de la mode. On y croise une créatrice en perte de vitesse des suites d'une rupture sentimentale, son assistante carriériste qui a oublié de vivre pour travailler, et le directeur opportuniste de sa maison de couture qui change d'avis comme de collection. Et c'est la catastrophe car, à la veille d'une nouvelle présentation, l'égérie de la marque se morfond et ne crée plus rien. Comme il semblerait que la star aie besoin d'avoir un homme à ses côtés pour pouvoir être productive, l'assistante et le directeur monte un plan afin de lui trouver une nouvelle muse.

Et c'est là que le film devient intéressant en amenant l'élément perturbateur qui va bousculer la mécanique ronflante de ce milieu particulièrement artificiel, en la personne d'un jardinier-paysagiste, passionné par son travail et à l'opposé du luxe, du strass et de la futilité égocentrique qui règne dans l'univers de la mode. Il va bouleverser les mentalités étriquées et superficielles par sa gouaille terrienne, sa droiture et son authenticité.

Le film bénéficie d'un quatuor d'acteurs parfaitement accordé. Personne ne pouvait mieux incarner la créatrice à l'esprit loufoque que Fanny Ardant, très à l'aise dans la peau et la tête de son personnage. C'est Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie Française qui tient le rôle du directeur de la maison de haute-couture et il incarne à merveille l'arrogance du petit roquet opportuniste, prêt à toutes les vilénies pour plaire et ainsi être le meilleur aux yeux des autres. L'assistante à les traits de Marina Hands qui doit défendre un personnage moins monolithique et caricatural. Elle le fait avec beaucoup de talent en réussissant à le rendre sympathique grâce à son évolution qui intervient au cours du long métrage. Mais la palme revient à l'excellent Eric Elmosnino qui a décidément le vent en poupe après La Famille Bélier. Il donne vie à l'élément le plus humain de ce film, en bénéficiant de répliques cinglantes qui remettent instantanément les autres à leur petite place de pion inconsistant. Il représente la liberté dans son sens le plus noble, celle, malheureusement de plus en plus rare qui, au lieu d'écraser les autres, cherche le partage et l'honnêteté.

Jérôme Cornuau opte logiquement pour une mise en scène élégante qui correspond au monde qu'il dépeint sans chercher à épater à tout prix, prenant le recul nécessaire à son intrigue quand il le faut, afin de ne pas éloigner ses spectateurs de l'intrigue qui se lie sous ses yeux et de ses personnages.

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