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La Rançon de la gloire

 
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Inspiré d’un fait divers datant de début 1978, l'exhumation du cercueil de Charlie Chaplin par deux ravisseurs amateurs, quelques temps après son décès à Noel 1977, Xavier Beauvois, signe une comédie amère et désabusée qui peine à divertir. Se voulant un hommage, maladroit, à l’icône du cinéma muet, le film mélange les genres de manière peu convaincante: musiques des films de Charlie Chaplin (la bande-son est malheureusement tonitruante et gâche le plaisir des oreilles), une idylle liée au cirque, une amitié sur fond de situation précaire.

A peine sorti de prison, Eddy (Benoît Poelvoorde) retrouve son ami Osman (Roschdy Zem) dont la femme est à l’hôpital, gravement malade. Osman accepte d'héberger Eddy dans une caravane si celui-ci aide sa fille de sept ans pour les devoirs scolaires pendant l'hospitalisation de la mère de famille.

C'est la période des fêtes et Eddy offre à son ami et sa fille un poste de télévision, on y annonce la mort de Charlie Chaplin.
Il nourrit alors le projet fou de voler le corps de l'acteur mythique afin de demander une rançon à sa famille?

Pour incarner ce funeste épilogue de la vie du génie des films muets, Xavier Beauvois réunit du beau monde devant sa caméra: Benoît Poelvoorde, Roschdy Zem, Séli Gmach, Chiara Mastroianni, Nadine Labaki.

L’auteur de Des hommes et des Dieux retrouve un fait divers, suivant la succession d'événements. Porté par le tandem Poelvoorde-Zem, qui fonctionne tant bien que mal, cette tragi-comédie qui rend hommage à Charlot, «l'ami des sans abris, l'ami des pauvres», comme dit Eddy à son ami pour justifier leur forfait, peine à convaincre et finit par lasser. Le film contient beaucoup de longueurs et la musique de Michel Legrand (présent à Venise), qui mêle lyriquement ses notes à celles des films de Charlot, finit par agacer.

Pourtant, les spectateurs helvétiques seront heureux de reconnaitre des lieux familiers puisque plusieurs scènes ont été tournées au Manoir de Ban, en Suisse, où l'acteur passa les vingt-quatre dernières années de sa vie. «Je me souviens de cette époque pas très sympathique. (...) Quand on a retrouvé le cercueil de mon père dans un champ, à la lisière d'une forêt, au bord d'un canal, c'était absolument magnifique. Du coup, on a presque regretté qu'on l'ait retrouvé», a déclaré Eugène Chaplin, le fils de Charlie Chaplin, présent lui aussi sur le Lido pour défendre le film.
Les personnages et le support authentique de cette intrigue restent développés au minimum, de même que les personnages féminins (surtout celui de Chiara Mastroianni, anecdotique). Le burlesque n’est pas digne du grand clown, source d’inspiration, et on ne comprend guère l'obstination de Beauvois à apposer des musiques épiques sur une action sans rebondissements ni ressort.

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