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Coming Home

 
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L'un des meilleurs cinéastes chinois, Zhang Yimou, revient avec Coming Home, un film fort qui remet l'amour à sa place dans une époque où se dernier ne se résume bientôt plus qu'à des mièvreries, faites dans l'unique but de provoquer des larmes artificielles, dont l'indécence surpasse la vulgarité, et vice et versa. Il refait équipe avec Gong Li qui prouve une nouvelle fois ici qu'elle fait partie des meilleures actrices.

Elle tient le rôle de l'épouse d'un mari emprisonné pour ses convictions politiques et éduque sa fille unique dans l'espoir de la voir devenir danseuse. Quand son époux s'évade, elle manque de peu de le revoir avant qu'il ne soit une nouvelle fois capturé. Mais le jour où il est officiellement libéré, à la fin de la Révolution Culturelle, elle ne le reconnaît plus, le croyant toujours en prison. Et c'est là toute la force du nouveau film du réalisateur d'Epouse et concubines: nous narrer une magnifique histoire d'amour, au travers d'une maladie mentale.

Loin de tout tire-larme où de mode d'emploi de développement personnel comme il en pousse un peu partout telle de la mauvaise herbe, Coming Home met en évidence la force de ce noble sentiment et non les artifices qu'on lui attribue trop souvent à tort. Ce mari dévoué et aimant ne baisse pas les bras face à cette situation qui semble pourtant désespérée. Pour ce faire, il endosse différents costumes et n'a de cesse de côtoyer sa femme, tantôt en ouvrier, tantôt en accordeur de piano ou dans la peau d'un simple ami. A ce titre la séquence finale est bouleversante de tendresse et d'humanité.

Epurée de tout gras superficiel, le dernier long métrage de Zhang Yimou est une oeuvre magnifique bénéficiant d'une photographie et d'une reconstitution historique impeccable. L'austérité pertinemment assumée renforce encore la puissance de l'intrigue et l'essentiel du film se passe dans un très petit appartement. Le réalisateur s'octroie les talents de deux acteurs en état de grâce: Gong Li et Daoming Chen. On ne connaîtra jamais le nom de ces deux êtres destinés à traverser la vie ensemble, malgré les difficultés, mais cet anonymat les rends beaucoup plus intenses et indissociables. Ils composent tous les deux un couple de cinéma qui restera longtemps dans les plus beaux fleurons qui ont ébranlé la toile blanche d'un écran.

Il y a un côté lumineux extraordinaire dans ce bijou et cela le rend incroyablement proche de tout spectateur concerné.

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