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Interstellar

 
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CONTRE

En lisant les premiers échos du nouveau film de Christopher Nolan: «meilleur film de science-fiction depuis longtemps, chef-d'oeuvre, meilleur film de l'année, voire de tous les temps pour certains», on s'attendait donc à en prendre plein les mirettes: c'est le cas pour toutes les scènes d'actions, et le film n'en est pas avare. Les effets spéciaux y sont pour beaucoup et bénéficient d'un travail très minutieux de la part des studios (Double Negative, dont le superviseur Paul Franklin signe là son cinquième film d'affilée avec Nolan, et New Deals Studios pour les maquettes) voués à cette tâche primordiale dans ce genre de productions. Au niveau du son, par contre , il y a une fâcheuse exagération à amplifier le volume de façon parfois presque physiquement pénible pour les oreilles, mais disons que cela doit faire partie du côté grand spectacle de la chose.

C'est le mot qui vient à l'esprit au sortir de ces 2h50 de film quand même relativement longues: «Mais qu'est-ce que c'est que cette chose que je viens de mentalement ingurgiter?» Cela part pourtant assez bien, mais cela sombre vite dans le délire intello-scientifico-geeko-spirituello-existentiel larmoyant comme pas permis. Il y a même une très bonne idée de départ: la fille du cosmonaute, obligé de reprendre du service pour sauver l'humanité qui est gentiment toute entière en train de crever de faim, croit dur comme fer que sa chambre est hantée par un fantôme. Malheureusement cette bonne base de départ connaîtra, à la fin du long métrage, une résolution qui laisse songeur quant à sa bêtise, mais rien ne sera dévoilé ici, car le film fonctionne sur les coups de théâtre, même si ces derniers sont totalement plus affligeants les uns des autres.

Et tout devient de plus en plus pathétique et bourré ras la gueule de cette fameuse émotion que l'on voit et entend à toutes les sauces et qui est devenue malheureusement purement commerciale. Ce très long métrage pourrait même être sponsorisé par une marque, ou plusieurs, de mouchoirs en papier. Tout ici est fait pour provoquer les larmes, en allant chercher chez le spectateur tout ce qu'il peut ressentir sauf par l'esprit ou les tripes. Interstellar est entièrement codifié pour que l'on soit artificiellement ému au moment voulu, pour autant que l'on accepte d'être pris en otage par ce marketing émotionnel des plus repoussant.

On doit aussi subir de longues discussions pseudo scientifiques avec un jargon qui essaie de vous faire passer pour des ignorants, si vous ne le captez pas. C'est d'une prétention qui dépasse l'entendement. On essaie même de nous faire croire que l'amour peut se résumer à une vulgaire équation mathématique, que tout a une explication logique et scientifique. Autrement dit, ce film se veut une sorte de mise à mort de l'imagination, et c'est bien triste.

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