Critique

Annabelle

 
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POUR

Même si le film de John R. Leonetti n'est pas une totale réussite, il a le mérite de remettre les pendules à l'heure où les soit-disants fans de cinéma fantastique ne jurent bientôt plus que par la surenchère de gore et de déviance en tout genre, sous couvert d'un humour ou d'un divertissement, ce qui laisse songeur quant à la santé mentale de certain(e)s. La scène la plus sanglante du film intervient dans les dix premières minute pour laisser place à une angoisse beaucoup plus subtile, se basant surtout sur les ambiances et les effets sonore. La poupée titre ne prend pas vie et n'en reste pas moins inquiétante à chacune de ses apparition à l'écran.

Leonetti joue avec les nerfs de ses spectateurs au travers d'une jeune mère devenue le jouet d'une force démoniaque très classique représentée par un diable saint-sulpicien revêtant les atours d'un bouc. On comprend le malaise qui s'empare de cette femme parfaitement banale qui s'occupe de son bébé en restant chez elle et Annabelle Wallis le rend parfaitement bien, sans jouer la surenchère tellement prisée d'un public devenu de plus en plus pervers quand il s'agit de fantastique, préférant primer une horreur comme Alleluia de Fabrice du Wetz  qui n'a d'autre raison d'être que de flatter les esprits les plus déviants et friands de malsain, au lieu de privilégier une vraie atmosphère étrange.

Annabelle recèle quelques séquences à la tension palpable comme la vision d'une enfant, a priori normale, devenant terrible en un seul mouvement, un objet du quotidien qui devient autonome, des sons omniprésents et stressants, ou ce passage magnifiquement angoissant dans un ascenseur. Cette scène à elle seule prouve que l'angoisse peut se nicher n'importe où et qu'elle n'a pas besoin de grand chose pour mener à bien sa mission.

Le film a aussi le mérite d'une certaine rigueur et ne se contente pas d'empiler les moments chocs, comme il est trop souvent le cas dans ce genre de production, en s'accrochant à un thème qui tient parfaitement la route: la transmission. Sans être le film fantastique de l'année, Annabelle est une bonne surprise et pour autant que l'on ne cherche pas la surenchère à tout prix, il constitue un bon moment de frisson où la peur n'est pas synonyme de violence stupidement qualifié de décomplexée, et c'est assez rare pour le signaler.

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Annabelle

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