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Gone Girl

 
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Trois ans après The Girl with the Dragon Tattoo, David Fincher adapte encore une fois un roman à succès pour choquer et divertir les spectateurs. Cette fois, il a décidé d'aborder la transposition à l'écran de Gone Girl, le polar de Gillian Flynn qui a séduit les lecteurs avec ses points de vue multiples, ses coups de théâtre à des endroits inattendus et son analyse cruelle et hilarante des failles d'un mariage. C'est Flynn elle-même qui s'est occupée de l'écriture du scénario, mais on sent bien que l'influence finale est bien celle de Fincher, qui ajoute dès le départ son sens de l'humour très particulier. 

On l'a dit, ça parle d'un couple. Plus précisément, Nick Dunne (Ben Affleck) et son épouse Amy (Rosamund Pike). Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick sort s'occuper de différentes choses personnelles. Quand il rentre à la maison, Amy a disparu, et tout semble indiquer qu'elle ait été enlevée. Du moins, c'est ce qu'on dirait jusqu'au moment où la police commence à découvrir plusieurs détails qui n'ont pas de sens, si ce n'est pas Nick qui est derrière la disparition de sa femme. Accusé par les autorités et les média, Nick devra faire de son mieux pour prouver son innocence et trouver la réponse à deux questions: où est Amy? Et est-ce qu'il la connaissait vraiment?

Gone Girl est un film à niveaux multiples. Premièrement, il s'agit d'un bon thriller, bien écrit, qui ne cesse jamais de remettre en question les caractéristiques dominantes du genre. De plus, c'est un portrait effrayant d'une Amérique dominée par la culture de l'image et l'influence de la télévision, ce qui fait de Ben Affleck, habitué à un traitement pas toujours positif dans les média, le choix parfait pour incarner un homme condamné à priori. Troisièmement, c'est une comédie. Enfin, une comédie très noire, ayant pour sujet le mariage. Un thème exploré dans ses interprétations les plus grotesques, comme il le faut dans l'univers de Fincher. C'est hilarant et angoissant d'un seul coup, jusqu'à un épilogue parfaitement cruel et drôle.

Le titre évoque une fille qui a disparu. Pourtant, Rosamund Pike est toujours présente, soit physiquement, à l'écran, soit sous forme de narration, ses souvenirs étant une partie incontournable du récit. On la savait talentueuse depuis longtemps, mais sa prestation au service de Fincher possède vraiment quelque chose de plus, un tour de force qui ne devrait pas passer inaperçu quand il sera question de nominations aux Oscars. Tout comme Affleck, épatant dans un rôle qui était déjà parfait pour lui mais qu'il réussit à pousser dans des directions surprenantes. Cependant, il faut dire que cette histoire de couple n'est pas un bon film pour une sortie à deux. Comme a dit le réalisateur, en rigolant, dans une interview: «Ce film sera à l'origine de plusieurs divorces.»

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