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Pause

 
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Dévoilé pour la première fois sur la Piazza Grande à Locarno, Pause est le premier long métrage du cinéaste vaudois Mathieu Urfer, dont la cinéphilie se manifeste aussi dans le choix de certains lieux de tournage à Lausanne, notamment l'ECAL et le rayon cinéma de la bibliothèque universitaire. Un exercice gentil et sympathique, pas très ambitieux mais doté d'une certaine sincérité.

Pause, c'est l'histoire de Sami (Baptiste Gilliéron) et Julia (Julia Faure). Ils se connaissent une nuit, alors que lui vient de terminer un concert et elle se retrouve sans essence et sans portable. Bien entendu, ils se rendent vite compte qu'ils forment un joli couple, même si selon Sami toute histoire d'amour finira mal après quatre ans. Or, quatre ans plus tard, ça sent effectivement la crise chez eux, puisque Julia, master dans la poche, travaille et gagne un vrai salaire, tandis que Sami continue à faire de la musique avec son pote Fernand (André Wilms), sans un vrai revenu. Bref, elle pense que ce serait le moment de faire une pause. Mais Sami, qui aura sans doute vu la troisième saison de Friends, craint que cela puisse marquer la fin de leur histoire. Qu'en sera-t-il?

On le disait, Pause n'est pas un projet très ambitieux, même si le réalisateur a réussi à engager Timo Salminen, le directeur de la photographie des films de Kaurismäki, pour signer les images de cette petite comédie vaudoise. La présence de Wilms renvoie aussi à l'oeuvre du grand cinéaste finlandais, dont l'influence est aussi visible dans certains choix concernant l'humour, y compris un épilogue hybride où les larmes accompagnent le rire. C'est aussi grâce aux comédiens que le récit arrive à nous divertir de manière simple mais efficace pendant une heure et demie, avec des gags gentils mais assez drôles. Et il y a quand même de l'espace pour des répliques un peu plus osées: dans une scène où il est question de ce qu'on fait au nom de l'art, il y a une remarque pas très flatteuse au sujet de Roman Polanski. Ironie du destin, il était censé être à Locarno le soir où on a vu ce film...  

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