Critique

Lucy

 
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POUR

Ces dernières années, force est de constater que les films de Luc Besson ne constituaient plus que la peau morte de ses films passés, pour reprendre une expression Amélie Poulain-ienne. En effet, il paraissait bien loin le temps des Dernier Combat, Léon et Nikita, le cinéma de Besson ayant peu à peu perdu son âme et sa consistance, comme si le talent créatif du réalisateur du Grand Bleu était devenu insoluble avec son statut de mogul du cinéma français. Et pourtant, le trailer de son dernier-né, Lucy, interpellait, titillait l'espoir, tant son postulat de départ (une femme forte, constance du cinéma de Besson) semblait retrouver un écrin et un fond digne d'intérêt. Espoir récompensé, puisque Lucy, bien qu'imparfait, reste captivant de la première à la dernière image.
Bourré de défauts (trop court, scénario peu crédible, scène animalière inaugurale à la portée métaphorique lourdingue), le long-métrage l'emporte haut la main d'une part en proposant une réflexion surprenante sur la connaissance (l'homme est-il fait pour tout comprendre ?) et d'autre part en livrant des scènes d'action ultra-efficaces, d'une poursuite en plein Paris en passant par des affrontements totalement irréels entre une Scarlett Johansson aux capacités intellectuelles hors normes et des adversaires armés jusqu'aux dents. La star hollywoodienne, souvent décriée ça et là, confirme d'ailleurs avec ce film son évident talent, notamment lors d'une scène où elle s'adresse à sa mère.
Naviguant entre présent et passé (le voyage temporel final est fascinant), le film parvient à nous cueillir sans prévenir au détour de scènes (la rencontre de l'héroïne et de son illustre homonyme), de réflexions (l'homme est-il apte à tout savoir) et de montée de tension (le gunfight final sur fond d'accès de Lucy à la Vérité), en maintenant du début à la fin un intérêt difficile à nier. Semblant vouloir marcher dans son final sur les plates bandes de Terrence Malick et de son pataud Tree of Life, le film de Besson s'en démarque par une humilité bienvenue et un traitement totalement différent.
Certes, Lucy n'est pas un chef d'oeuvre. Certes, il ne retrouve pas la puissance d'un Léon. Mais il est la preuve que Besson réalisateur en a encore sous le capot lorsqu'il veut bien se donner la peine de le faire rugir. Espérons que Lucy, première femme d'une nouvelle ère, soit également celle de la nouvelle ère Besson.

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