Critique

Lucy

 
Critique par |

CONTRE

Le nouveau film de Luc Besson (qui avait pourtant annoncé sa retraite il y a quelques années) peut se vanter de supplanter Hercules au box-office américain et d'avoir l'honneur d'ouvrir le Festival de Locarno. Une fois le film vu, on se demande à quoi l'on a bien pu assister. Lucy voyage entre l'action pure, avec ce qu'il faut de bagarres, de fusillades ou de courses poursuites, et une science-fiction pétrie de réflexions psychologiques dont l'intérêt ne dépasse jamais le ridicule et la facilité.

Dès la première scène où l'on comprend pourtant très bien que Lucy devient la proie d'un prédateur, Besson nous inflige un montage parallèle montrant une gazelle traquée par un guépard. N'est-ce pas là se moquer du monde ou considérer ses spectateurs comme de parfaits idiots? Même si cette séquence animalière sert à introduire l'autre personnage du film, un professeur qui s'intéresse aux capacités cérébrales de l'être humain, en pleine conférence, sa présence prouve un manque de discernement quant à l'intelligence des spectateurs et les infantilise d'emblée.

Du coup, on se dit que l'on va devoir subir les délires métaphisico-existentiels d'un scénariste peu inspiré. Et cela ne manque pas. Besson prend ses spectateurs par la main, comme un père qui n'aurait aucune confiance en ses enfants, les entravant sans cesse dans un parcours balisé et aseptisé au possible. C'est rageant et on lui en veut de ne faire tellement aucune confiance à son public. Ceci expliquerait peut-être le succès américain du film, à moins que cela ne soit la présence de l'icône Scarlett Johansson. Malheureusement, l'actrice qui jouit d'un vedettariat exagéré, fait juste un travail minimal de ce que l'on attend d'elle et se retrouve une nouvelle fois avec un personnage relativement anodin, sans réelle épaisseur, à la limite de la crédibilité.

Le long métrage est bien fait et fonctionne autant qu'il peut (on ne s'y ennuie pas), mais le scénario original de Luc Besson le plombe du début à la fin par ses élucubrations existentielles kitch et culcul la praline. Le cinéaste ferait mieux de se contenter d'adapter du matériel existant et d'ainsi étaler son savoir-faire de cinéaste plutôt que de nous affliger des histoires aussi tartes et sans corps.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

Dans le même sujet...

 

Lucy

Critique par |

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc

Participer