Critique

Monster House

 
Critique par |
Les enfants aussi aiment avoir peur au cinéma et les producteurs Spielberg et Zemeckis l'ont bien compris en leur offrant ce film surfant astucieusement entre l'humour, l'aventure et l'horreur. L'action se situe dans un quartier de banlieue tranquille, comme celui des Banlieusards de Joe Dante, où la vie semble préservée des vicissitudes de notre époque. Pourtant en face de la maison de D.J. Walters, jeune garçon à l'imagination débordante, trône une vieille demeure peu accueillante. Son propriétaire prend un malin plaisir à confisquer tout ce qui ose effleurer les brins d'herbe de sa pelouse. Profitant d'un malaise qui envoie cet irascible personnage à l'hôpital, D.J. et deux de ses amis se mettent en tête d'explorer cette sinistre bâtisse qui va vite s'avérer réellement hantée.

Dés lors que la maison se réveille, le film sombre dans le fantastique pur et dur. Elle utilise un immense tapis comme une langue de caméléon pour gober les imprudents et les boiseries de ses fenêtres se transforment en une monstrueuse mâchoire qui n'à rien à envier à la dentition de Bruce, le requin des Dents de la mère. Et c'est partie pour une série de scènes d'action ébouriffantes où il faut essayer d'échapper à l'emprise de cette demeure maléfique.

Les personnages sont bien typés et le trio formé par les enfants fonctionne à merveille. Il y a le malingre renfermé, le petit gros roublard et la fille de bonne famille qui semble revivre aux contacts de ses deux nouveaux camarades. Autour d'eux, on découvre un petit monde tout aussi haut en couleur comme cette baby-sitter un peu rebelle en pleine phase rock gothique, son petit ami peu réveillé et un couple de policiers incrédules à leurs histoires de maison vivante, mais très sympathiques. Tout ici est fait pour se divertir en se faisant peur et il faut avouer que le résultat est très plaisant. Monster House bénéficie des mêmes techniques d'animation que Le Pole Express, avec des améliorations toujours plus étourdissantes. Bref, le fond et la forme au service d'un divertissement horrifique, non dénué de cynisme, sans morale assommante sur la sacrosainte famille américaine et recélant quelques frissons dignes des meilleurs trains fantômes de fêtes foraines.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS Gagnez un pack de goodies pour "Goldfinch"

Participer