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Echo

 
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A chaque génération son E.T.? C'est un peu le sentiment que l'on éprouve après avoir vu Echo. Ce premier long métrage de Dave Green conte comment quatre amis découvrent et viennent en aide à un extra-terrestre perdu sur notre planète. Tout commence par le brouillage intempestif des téléphones portables et autre tablettes numériques d'une petite ville du Nevada. Mais comme la région est la proie d'un immense chantier d'autoroute, les responsables de l'ouvrage certifient que ces problèmes sont dus aux désagréments de cette gigantesque entreprise. Cela ne convient pas à Alex, Tuck et Munch qui décident, à la veille de leur déménagement forcé (le trajet de l'autoroute passe par les propriétés de leurs parents), de partir à la recherche du signal qui perturbe leurs moyens de communication favoris. Ces trois adolescents sont des amis d'enfance, soudés par leur différence qui les exclut de la grande majorité de leurs camarades d'école. Alex, garçon adopté, est souvent victimes de railleries, Tuck passe son temps à filmer tous ces faits et gestes et Munch développe une série de tocs proches de la maniaquerie. Ensemble, ils vont découvrir la présence d'un petit être bleu ressemblant à une chouette métallique, comme représenté sur l'affiche du film. Ce personnage perdu sur Terre cherche à réparer son véhicule de transport endommagé, afin de retourner chez lui. Leurs aventures leur feront croiser la route d'Emma, la plus jolie fille de l'école qui se traine une réputation de pimbêche inabordable, mais s'avoue être la meilleure des camarades.

Il y a des facilités très à la mode dans la mise en scène de ce film, comme bon nombre d'images tirées des caméras que les jeunes utilisent pour garder un souvenir ou des preuves de ce qu'ils vivent. Cette approche met en évidence un des maux du siècle où bientôt tout le monde se prosterne devant la technologie car elle a fini par nous rendre esclaves. Cela renvoie à cette phrase culte et visionnaire entendue dans Lost Highway de David Lynch en 1997, dans lequel le héros déclare à des policiers que, bien qu'il possède un camescope, il préfère se souvenir des choses à sa manière. Aujourd'hui tout est filmé ou photographié de façon industrielle et celui qui ne le fait pas se sent rejeté et passe pour un ringard, un peu comme si l'imaginaire, pourtant sain et salutaire, était devenu un ennemi.

On a droit aussi à une série de clichés sur le monde de l'enfance qui va dans le même sens avec des personnages stéréotypés, ce qui les rend un peu lisses et sans grand relief. Il y a aussi un certain manichéisme dans l'affrontement entre les gentils adolescents tolérants, qui veulent du bien à leur nouvel ami tombé du ciel, et les méchants scientifiques qui ne voient en lui qu'un objet d'expérimentations. Echo possède quand même une qualité dans le sens où il peint le portrait d'une amitié indéfectible entre ces quatre jeunes, qui perdurera au-delà de cette aventure extraordinaire, mais c'est finalement bien peu.

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