Critique

Transcendance

 
Critique par |

Transcendance est la première réalisation de Wally Pfister, connu jusqu'à présent pour avoir signé les magnifiques images des films de Christopher Nolan, dont Inception qui lui a valu un Oscar il y a trois ans. Il est donc logique que, dans un certain cercle cinéphile, ce film soit très attendu, même s'il arrive en Suisse après une mauvaise expérience ailleurs, au niveau des critiques et des recettes. Hélas, cette réputation est bien méritéé: on a rarement été aussi déçus par un premier film, surtout lorsqu'il a été réalisé par quelqu'un qui a visiblement beaucoup de talent et promesse.

De quoi parle Transcendance? C'est un film de science-fiction, un thriller, une allégorie, un avertissement, une histoire d'amour. Au centre de tout ça, il y a Will Caster (Johnny Depp), un scientifique qui essaie de développer une intelligence artificielle capable d'être en même temps machine et homme. Mortellement blessé pendant une conférence, Caster demande à sa femme (Rebecca Hall) et à son meilleur ami (Paul Bettany) d'insérer sa conscience dans la machine. Au dépit d'hésitations au niveau éthique, ils acceptent, mais finissent vite par le regretter: devenu un être "transcendant", Caster est victime de sa soif de pouvoir, qui le transforme en source de destruction.

Il n'y a aucun doute: Pfister est très doué derrière la caméra. Oeuvrant dans la science-fiction sans pour autant oublier que c'est un monde proche du nôtre, il construit un microcosme visuel très réel et effrayant. Si seulement le même soin avait été appliqué au montage: pour un thriller, Transcendance est très lent, voire soporifique à certains endroits, et la très mauvaise décision de montrer la fin du récit dans la toute première séquence ne fait qu'augmenter l'impression qu'on pourrait faire autre chose pendant les 110 minutes qui restent. Et les acteurs? Il suffirait de dire que, si même Morgan Freeman semble jouer en mode "pilote automatique", ce n'est pas un bon signe. Mais on doit surtout se plaindre en voyant Johnny Depp, qui se trouve dans une situation qui rappelle The Tourist: il doit jouer un personnage soi-disant "normal", sans maquillage, sans des gestes absurdes, sans une voix bizarre. Le problème, c'est que Pfister n'arrive pas à bien diriger cette normalité. Le résultat: Depp devient l'incarnation de l'ennui. Il vaut mieux attendre la sortie du prochain Pirates des Caraïbes: aussi mauvais que ça puisse être, selon les cas, on ne risque jamais de s'endormir.

En savoir plus sur Max Borg

CONCOURS 4 X 2 invitations à gagner pour "Visages d'enfants" au City-Club à Pully

Participer