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La Terre Promise

 
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Avec l'aide de son producteur et scénariste Xavier Grin, Francis Reusser suit cinquante-cinq membres de la chorale du Collège Saint-Michel de Fribourg et leur chef Philippe Savoy lors d'un voyage en Palestine. Le film parvient en toute simplicité à montrer le regard de ces jeunes Suisses découvrant un pays ancré dans l'Histoire et son peuple qui se bat perpétuellement pour exister, voire, parfois, pour survivre. Là-bas, on ne sait jamais combien de temps l'on va faire pour se rendre d'un endroit à l'autre: seul certitude, le nombre de kilomètres à parcourir. Reusser capte autant la joie que les chanteurs ont à se produire dans des églises et autres endroits pittoresques, que le bonheur de leurs auditoires bigarrés, oubliant les vicissitudes de la vie, le temps d'un concert, en communion grâce à la musique.

C'est elle le personnage principale du film. C'est elle qui motive autant les invités que leurs hôtes, et le cinéaste le retranscrit parfaitement en nous faisant partager cette passion qui anime ces chanteurs, même en dehors des répétitions et des prestations: on les voit chanter dans l'avion, dans les bus ou dans leurs lieux d'hébergement. La Terre promise suit ce voyage dans sa chronologie et le spectateur ressent au fur et à mesure les liens qui se tissent subtilement entre les jeunes choristes de Fribourg et les Palestiniens, jusqu'aux adieux sincèrement émouvants que l'on aimerait plutôt transformer en «au revoir», en se promettant de rester en contact. Sans ne jamais sombrer dans le pathos qui fait de plus en plus l'audimat des médias, Francis Reusser parvient élégamment à prouver que l'on peut vivre ensemble et partager beaucoup de choses, malgré ses différences, et ce grâce au langage universellement unificateur qu'est la musique.

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