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Edge Of Tomorrow

 
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De manière quasiment paradoxale, ce film est parfait pour ceux qui ne supportent pas du tout Tom Cruise. Comment çela se fait-il? C'est très simple: dans Edge of Tomorrow, Tom Cruise meurt. Plus d'une fois, en fait. On pourrait presque dire toutes les cinq minutes, jusqu'à un certain moment en tout cas. Et le réalisateur Doug Liman s'amuse beaucoup à tuer de plusieurs manières différentes une des plus grandes vedettes d'Hollywood, pendant qu'il signe aussi un film de science-fiction plutôt réussi et efficace.

Mais pourquoi Cruise meurt tout le temps? Le contexte: la Terre a été attaquée par des créatures extraterrestres, les "mimics". William Cage (Cruise) se retrouve, malgré lui, au milieu du combat contre les aliens, en France. Après avoir tué un de ses adversaires, Cage meurt aussi. Mais ce n'est pas la fin, car il se réveille à Londres, le jour avant le conflit. Et cela se répète à plusieurs reprises, jusqu'à ce que Cage puisse apprendre, grâce à Rita Vrataski (Emily Blunt), qui a vécu la même chose, comment vaincre définitivement les envahisseurs.

Structuré comme un jeu vidéo, avec plusieurs "niveaux" et un "boss final", Edge of Tomorrow emprunte la prémisse de la comédie Un jour sans fin, en y ajoutant un peu de Starship Troopers et Aliens (voir le personnage de Bill Paxton). Action, violence et rires sont les ingrédients principaux dont se sert Liman pour raconter une histoire assez classique dans le domaine de la SF, tout en déconstruisant l'image de Tom Cruise. En fait, c'est dans la deuxième moitié du film, lorsque l'acteur commence à jouer le vrai héros, que l'intrigue se fait moins intéressante. On pourrait même dire que c'est un autre film, ce qui n'est pas si faux vu que, par admission du cinéaste, le tournage a commencé sans un scénario complet et plusieurs scènes ont été modifiées en cours de route. Cela correspond, d'une manière, à la nature chaotique d'une partie du récit, mais on sent, en arrivant au bout, que certains éléments manquent de vraie logique narrative et formelle. Pourtant, ce n'est pas un défaut impardonnable, en fait ça ajoute quelque chose au charme d'un produit atypique. Sans oublier, bien entendu, Tom Cruise qui se fait buter sans cesse. Qu'on l'aime ou pas, ça vaut la peine.

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