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La liste de mes envies

 
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Adapté du roman de Grégoire Delacourt, La liste de mes envies est le quatrième long métrage cinématographique de Didier Le Pêcheur, actif surtout sur le petit écran. Pour son retour dans les salles obscures, il a choisi un texte dont le contenu est une petite histoire universelle, simple, drôle et touchante.

Le récit se déroule à Arras, où Jocelyne (Mathilde Seigner) mène une existence tranquille: sa mercerie lui permet de vivre de manière assez confortable, ses amies sont toujours là pour passer un bon moment ensemble, sa vie conjugale avec Jo (Marc Lavoine) est plutôt heureuse malgré un passé difficile, et ses enfants sont prêts à quitter la maison pour entamer leurs études. Soudain, tout change pour elle, lorsqu'elle apprend que c'est elle qui a gagné 18 millions d'euros à la loterie. Se trouvant maintenant dans une situation qui lui accorderait une vie de rêve, elle doit refléchir à ce qu'elle veut vraiment. Et surtout, elle doit décider si partager ou non la bonne nouvelle avec ses proches. Qu'en penseraient ses amies? Comment réagirait Jo? Seul le père de Jocelyne (Patrick Chesnais), qui oublie tout au bout de six minutes, est capable de lui donner des conseils utiles...

Si c'était une comédie américaine, on aurait vraisemblablement droit à des images montrant cette "vie de rêve", avec des situations à la Sex and the City (pour les femmes) ou Entourage (pour les mecs). Heureusement, Le Pêcheur décide de rester dans le monde réel, et même l'utilisation de lieux comme la Côte d'Azur relève d'une envie d'analyser le vrai quotidien de ces personnages bouleversés par un changement inattendu. Grâce à un scénario qui évite les gags gratuits et des comédiens capables d'aller au-delà des moments les plus légers, le réalisateur arrive à créer un microcosme - la ville d'Arras - où tout ne se passe pas forcément bien. Le couple de Jocelyne et Jo est notamment remarquable: le bonheur et les problèmes coexistent, et c'est cet aspect-là qui permet au film, malgré quelques tournures un peu banales, de trouver une raison d'être, une fois que le potentiel purement comique de la prémisse a été exploité.

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