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X-Men: Days of Future Past

 
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Cela faisait onze ans que Bryan Singer n'avait plus réalisé un film de la série X-Men. Ayant inauguré la franchise en 2000 et signé le meilleur volet en 2003, il s'est séparé des mutants Marvel lors du troisième épisode pour tourner Superman Returns. En 2011, X-Men: First Class a marqué un retour partiel, en tant que producteur et co-scénariste. Ce n'est donc pas très surprenant que, au moment où Matthew Vaughn a choisi de ne pas réaliser la suite de First Class, le studio 20th Century Fox ait décidé de donner une nouvelle chance à Singer. Le résultat: X-Men: Days of Future Past, septième chapitre qui est aussi une renaissance pour une série affaiblie par des films moins réussis et une continuité narrative quelque peu douteuse. Y avait-il donc un meilleur candidat pour cette opération de renouveau que l'homme qui, avec Sam Raimi et Christopher Nolan, a effectivement créé la formule actuelle pour adapter avec succès les comic books de superhéros?

Comme on peut deviner en lisant le titre, il s'agit d'une transposition à l'écran, du moins au niveau strictement conceptuel, de la célèbre histoire écrite pas Chris Claremont et illustrée par John Byrne en 1981. La prémisse: en 2023, presque tous les mutants ont été massacrés par les Sentinelles, des robots capables de s'adapter à tous les superpouvoirs. Ce futur apocalyptique est dû à la mort du créateur des Sentinelles, Bolivar Trask (Peter Dinklage), qui fut assassiné en 1973 par Mystique (Jennifer Lawrence). Pour empêcher cela, il faut transférer l'esprit de Wolverine (Hugh Jackman) dans son corps en 1973, pour qu'il puisse obtenir l'aide des X-Men de l'époque. Le seul problème, c'est que Charles Xavier (James McAvoy) a perdu ses pouvoirs et fermé son école pour mutants, tandis que Magneto (Michael Fassbender) est emprisonné au-dessous du Pentagone...

S'inspirant ouvertement de Terminator et Star Trek (avec une mention explicite de ce dernier), Singer réunit la quasi totalité des acteurs de la série pour un rassemblement épique: dans le futur, on retrouve Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Shawn Ashmore, Ellen Page; dans le passé, McAvoy, Fassbender, Lawrence, aussi bien que Nicholas Hoult et Lucas Till. Partagé par les deux équipes, Hugh Jackman incarne Wolverine pour la septième fois et s'occupe d'une grande partie des moments d'action et humour, laissant au trio de First Class la responsabilité des scènes plus dramatiques et émotionnelles.

C'est là que se trouve l'interêt principal de Days of Future Past et du retour de Singer derrière la caméra: cette capacité de créer un produit à la fois spectaculaire et intelligent, où les explosions et les combats ont la même importance des dialogues centrés sur l'amitié, le destin et la discrimination, ce dernier étant depuis toujours le thème principal abordé par les histoires consacrées aux X-Men. Pour Singer, les personnages sont fondamentaux, même dans le cadre de séquences bourrées d'effets spéciaux, notamment la première bataille entre mutants et Sentinelles ou, mieux encore, le mélange sublime de technique et gags qui met en images les pouvoirs de Quicksilver (Evan Peters), un jeune homme qui a le don de la rapidité.

Quant à l'utilisation du voyage dans le temps, qui mène à une véritable leçon de montage alterné dans les scènes finales, elle permet à Singer de nous donner deux films en une seule fois: un futur glauque et brutal qui plairait énormément à James Cameron, et un passé où l'histoire alternative et l'intrigue politique, avec des rôles inattendus pour Kennedy et Nixon, marchent main dans la main avec des habits qui ne pourraient pas faire plus Seventies et un Jackman qui, dans un autre univers, aurait été le choix idéal pour incarner l'Inspecteur Harry.

Tourné, avant tout, pour les fans, Days of Future Past marque aussi un nouveau point de départ, potentiellement capable d'attirer des nouveaux spectateurs. C'est le film des X-Men qu'on attendait depuis 2003, et il ne déçoit à aucun moment. Enfin, presque: la scène placée après le générique de fin ne sert pas à grand-chose, surtout si on ne connait pas les comics...

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